Aller au contenu principal

Le sursemis de prairie : une technique qui mérite réflexion

Le principe du sursemis est séduisant : il s’agit d’installer une nouvelle flore prairial avec un minimum de travail et de coût, sans destruction de la flore initiale. C’est la possibilité de rapporter des légumineuses dans une prairie qui en manque, ou encore de redynamiser la productivité avec de nouvelles graminées plus performantes.

© Gnis

• Analyser la situation, poser un diagnostic, favoriser les bonnes pratiques. La qualité de l’herbe et sa productivité dépendent de l’état d’une prairie, de sa composition floristique et de sa morphologie. C’est le résultat d’un historique des pratiques et des conditions pédoclimatiques. Sursemez ou ressemez sans rien changer ramènera la parcelle à la situation initiale. Il faut donc rechercher les causes de dégradation et si possible les éliminer. En voici quelques exemples : surpâturage ou sous pâturage, fertilisation mal raisonnée, sénescence simultanée des plantes, conditions climatiques exceptionnelles (gel, sécheresse, inondation), ravageurs (sangliers, rongeurs), piétinement en mauvaises conditions…
Par ailleurs, il faut penser à l‘entretien de ses prairies comme le hersage ou les pratiques pour aplanir la surface ou encore à l’aménagement parcellaire avec la place pour un chemin, des zones d’ombre et des points d’eau multiples. C’est aussi l’occasion de penser au chaulage, qui même à faible dose peut faire réapparaître le trèfle blanc qui est une véritable locomotive pour la prairie. Enfin le changement de pratiques comme le déprimage constitue des méthodes « douces » qui vont améliorer la productivité et la qualité fourragère de la prairie.

• Prendre les bonnes décisions pour réussir le sursemis. Lorsque les bonnes résolutions sont choisies, il est possible d’envisager le sursemis. Quels que soient la méthode et le matériel, une graine pour donner une plante a besoin de 4 facteurs qui sont la chaleur, l’humidité, le bon contact entre la terre et la graine et enfin un accès facile à la lumière pour les premières feuilles.
Certains points essentiels sont donc à respecter pour réussir le sursemis de prairie. Il est non seulement nécessaire de comprendre la situation, mais il faut aussi prendre les bonnes résolutions, intervenir sur une végétation rase et ouvrir le sol.
Généralement en surface d’une prairie s’accumule une couche de matière organique morte que l’on appelle mulch ou litière. Ce mulch est gênant, car il entraîne du feutrage (racines aériennes) et asphyxie le sol. Il faut donc ouvrir le sol avec un outil à disques ou à dents afin de bien positionner les graines dans la partie minérale du sol et pas dans la matière organique. Idéalement il faudrait semer à 1 cm de profondeur.
Il est ensuite nécessaire de rappuyer le semis. Si le semoir ne le fait pas, rouler avec un rouleau de préférence compartimenté, voire en faisant piétiner les animaux. Ensuite, il est indispensable de surveiller la concurrence entre l’ancienne flore et la nouvelle. Si l’ancienne flore est trop poussante, passer un broyeur ou faire pâturer pour permettre à la jeune flore d’accéder à la lumière. Pour ne pas favoriser la flore initiale, il est déconseillé de fertiliser tant que la jeune flore n’est pas visible.

• Bien choisir des espèces à installation rapide. Parmi les espèces disponibles en semences fourragères, les espèces rapides d’installation sont à préférer. Ce seront les ray-grass anglais et les trèfles blancs pour le pâturage ou les ray-grass hybrides et les trèfles violets pour la fauche.
L’utilisation des autres espèces n’est pas impossible, mais plus délicate.
Il y a 3 périodes propices au sursemis : au réveil de la végétation lorsque l’on constate des vides dans la parcelle, en mai derrière un ensilage. En effet la terre y est plus chaude qu’en mars-avril. Et enfin tout le mois d’août, car la terre est chaude, la flore initiale moins concurrentielle. Dans ce cas on ne peut réaliser le semis qu’à condition qu’il y ait un peu d’humidité.

Sursemer peut être donc une alternative intéressante à la rénovation totale. Le coût et le temps de travail sont réduits. Il est possible de continuer à exploiter la parcelle tout en installant la nouvelle flore. Toutefois, il est indispensable pour réussir de respecter ces quelques règles faciles.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri53.

Les plus lus

De l’eau en quantité et de qualité
À 32 ans, Damien Bellanger vient de s’installer en Eurl à Saint-Charles-la-Forêt. Il intervient dans les domaines du pompage, du…
Limiter la pénibilité du travail par la robotisation
Au Gaec des Baronnières à Nuillé-sur-Vicoin, les exploitants ont fait le choix d’investir dans la robotisation pour l’atelier…
Chiffres records pour Bel, mais prix à la baisse pour les éleveurs
L’assemblée générale de l’organisation de producteurs APBO, livrant chez Bel, s’est tenue la semaine dernière. La baisse du prix…
Consommation : afficher l’origine du lait est illégal !
Voilà un jugement qui va sans doute faire couler beaucoup d’encre et de salive. Le Conseil d'Etat a annulé le 11 mars, un décret…
De l’importance du suivi de chantier
Fabien Jegu s’est installé en Gaec, à Cuillé, en mars 2015. Avec son associé, Marcel Pannetier, ils ont dû adapter leur nouveau…
La filière allaitante inquiète pour son avenir
Alors que le ministère de l’Agriculture a dévoilé de premières réflexions sur l’architecture de la future réforme de la Pac, qui…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 89€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Agri53
Consultez le journal Agri53 au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal Agri53