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Le quad se met à l’électrique

L’Earl du Val Hebert dans le Calvados s’est dotée d’un SSV électrique apprécié pour sa simplicité et son silence de fonctionnement.

Lénaïc Le Gal apprécie le confort d’utilisation de l’électrique.
Lénaïc Le Gal apprécie le confort d’utilisation de l’électrique.
© Michel Portier

Lénaïc Le Gal et Philippe Marie, éleveurs laitiers à Le Locheur, dans le Calvados, ont investi depuis un peu plus d’un an dans un SSV électrique Polaris Ranger EV. « Nous avons fait le choix de l’électrique après avoir testé des modèles thermiques trop bruyants à notre goût, notamment en diesel, reconnaissent les associés. Notre exploitation étant en bio, opter pour cette source d’énergie est plus en accord avec une démarche de respect de l’environnement. » Le modèle électrique a d’autres avantages, à commencer par sa simplicité d’utilisation. « Employant un salarié et des apprentis sur l’exploitation, cet engin est rassurant, avec un bouton pour sélectionner le sens de marche et une grande progressivité à l’accélération. Il faut toutefois garder un minimum de vigilance à 40 km/h dans les virages, car le poids de l’engin (815 kg à vide) génère une certaine inertie. » Autre intérêt soulevé par les éleveurs, le silence de fonctionnement permet d’intervenir sans déranger les animaux.

Un engin multitâche

Le SSV est principalement utilisé pour aller chercher les vaches au pâturage. Avec sa caisse arrière, il est également très pratique pour embarquer des piquets et le matériel nécessaires à l’entretien des clôtures. Le Polaris fait aussi office de bétaillère pour rapatrier un veau né au champ. « Nous l’attachons dans la caisse, mais il existe aussi des barrières disponibles en accessoires qui pourraient nous simplifier le travail. » Le transport des veaux s’effectue également avec une petite bétaillère routière qui peut embarquer trois ou quatre animaux, l’engin offrant une capacité de traction de plus de 600 kg. « L’hiver, il nous sert à distribuer le concentré, en chargeant 200 à 250 kg dans la caisse. Nous envisageons par ailleurs de l’utiliser pour l’entretien des logettes, en l’équipant d’une balayeuse à l’avant et d’un distributeur de sciure dans la caisse, le tout entraîné électriquement. »

Autonomie : 2 à 3 jours

En moyenne, l’utilitaire est mis à contribution au moins quatre heures par jour. L’autonomie atteint trois jours, sauf l’hiver où le temps froid impacte la capacité des batteries, nécessitant une recharge tous les deux jours. « A confirmer avec le temps comment va évoluer l’autonomie, car ces derniers temps, il nous arrive de ne pas réussir à tenir trois jours. » Les associés regrettent d’ailleurs qu’en dessous de 30 % de capacité des batteries, les performances du SSV sont nettement réduites, et qu’arrivé à 10 %, l’autonomie est très aléatoire. « On ne peut pas se permettre d’être en panne de batterie au milieu de la pâture et, en même temps, il est conseillé de décharger au maximum la batterie avant de lancer une recharge. » Cette dernière, qui dure 9 heures, est effectuée la nuit sur une prise standard.

Simplicité mécanique

D’extérieur, le Polaris Ranger EV s’apparente à un SSV standard. Ce n’est qu’en soulevant la benne que l’on s’aperçoit que le moteur thermique est remplacé par un moteur électrique 48 volts. En escamotant les assises des sièges conducteur et passager, on découvre le pack de batteries au plomb, qui sont rechargées par un chargeur installé sous le capot avant, la prise électrique se situant au niveau de la boite à gant. Le moteur électrique entraîne la transmission à quatre roues motrices intégrant un différentiel arrière verrouillable. En mode 4RM, la traction sur les roues avant ne s’enclenche qu’en cas de besoin. « Nous ne travaillons quasiment qu’en deux roues motrices, l’adhérence est très bonne. » La puissance de 22,4 kW (30 ch) délivrée par les batteries semble satisfaire les éleveurs. « Il y a trois gammes de vitesse, mais on utilise le plus souvent le niveau intermédiaire, pour un bon compromis entre puissance et autonomie. » Avec ses suspensions indépendantes à grand débattement et une bonne garde-au-sol, ce SSV est très à l’aise en franchissement. « Le seul petit reproche à lui faire, c’est le manque d’assistance de la direction. »

Côté entretien, l’électrique a du bon. « Il suffit de refaire le niveau des batteries avec de l’eau déminéralisée toutes les dix charges et de vérifier six points de graissage toutes les 100 heures. » Ce modèle électrique s’avère ainsi économique à l’usage, ce qui compense en partie son surcoût à l’achat. « Nous l’avons acheté 17 600 euros TTC, le modèle thermique équivalent étant 2 000 euros moins cher. »

 

Une offre encore limitée de SSV électrifiés

On trouve encore peu de versions électriques sur le marché des SSV. La plupart n’offrent pas les capacités des gros modèles diesel ou essence, les plus appréciés en utilisation agricole.

Dotés d’un moteur électrique de puissance modeste et d’une transmission à deux roues motrices limitant la vitesse à 20 ou 25 km/h, le Gator TE de John Deere et le Jobber EV5 de Hytrack auront du mal à sortir de la cour de ferme.

Avec son moteur plus puissant, ses quatre roues motrices et une capacité de traction honorable, le Polaris Ranger EV est sûrement le plus polyvalent des modèles électriques.

Peu connu, le Ebox du petit constructeur français Little, est disponible en version 4RM, grâce à la combinaison de deux moteurs électriques, un pour chaque essieu. Si sa charge utile de 715 kg est appréciable, sa capacité de traction de 260 kg est très limitante. Ce modèle est le seul à être disponible avec une batterie au lithium, en remplacement des batteries au plomb. Cette option très onéreuse (deux tiers du prix de l’engin) permet de doubler, voire tripler l’autonomie et surtout, de nettement améliorer la durée de vie de la batterie. Le constructeur affiche en effet 400 cycles de recharge pour la batterie au plomb, contre 3 000 cycles pour le modèle au lithium.

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