Municipalité
Le Ham. Sylvain Renaud, entre terres et maire
Sylvain Renaud, agriculteur depuis 38 ans dans l'exploitation familiale au Ham, est maire de la commune depuis les dernières élections municipales.
Sylvain Renaud, agriculteur depuis 38 ans dans l'exploitation familiale au Ham, est maire de la commune depuis les dernières élections municipales.
Allier la gestion d'une exploitation à celle d'une mairie ? Pari relevé pour Sylvain Renaud, agriculteur et nouveau maire du Ham. Installé avec son fils Kévin, l'agriculteur a pu se lancer au vu du rythme de croisière de son exploitation. Avec l'accord de sa famille, Sylvain Renaud s'est donc proposé comme tête de liste pour la commune, qui compte 344 habitants, aux dernières élections municipales. Il a été élu avec l'un des taux de participation les plus élevés en Mayenne (81,21 %).
Son équipe compte aujourd'hui trois agriculteurs, dont lui. Ce qui a toute son importance car, selon le nouveau maire, il est aujourd'hui "primordial que des agriculteurs et acteurs du para-agricole soient investis dans la vie de leur commune". Il rappelle que "l'agriculture est la première valeur ajoutée en Mayenne" et "la préfète elle-même parle de souveraineté alimentaire en ce qui concerne le département". Pour Sylvain Renaud, l'objectif est donc clair : mettre en avant ceux qui travaillent à cette souveraineté. D'autant plus que Le Ham compte une quinzaine d'exploitations et des entreprises para-agricoles.
Un parcours de vie...
Sylvain Renaud s'est installé avec ses parents en 1988, dans l'exploitation qui accueille aujourd'hui la 5e génération du même nom. Pour faire tourner la production laitière, l'agriculteur est associé à son fils, tandis que son épouse est salariée. L'éleveur emploie également un apprenti et, pour quelques mois, un mécanicien. Grâce à cette organisation, Sylvain Renaud a pu se présenter à la mairie après des mandats en tant que conseiller municipal entre 1995 et 2008. Président du comité des fêtes du village depuis quelques années, il avait à cœur de mettre en avant la communauté agricole à l'échelle municipale d'abord, départementale ensuite.
...et une vision pour la commune
Son programme pour les élections était essentiellement axé sur le maintien de l'école, qui fonctionne en RPI (Regroupement pédagogique intercommunal) avec Loupfougères. Mais son autre "cheval de bataille, c'est la voirie", affirme Sylvain Renaud. Il souhaite que "certaines routes soient élargies, sans empiéter sur les terres agricoles, à l'exemple de la portion de la D219 qui relie Villaines-la-Juhel à la gare. Les routes doivent être plus adaptées aux poids lourds qui desservent les partenaires du monde agricole". Il compte de plus s'engager dans la commission dédiée à la voirie au niveau de la Communauté de communes du mont des Avaloirs, et souhaite faire entendre son point de vue au niveau départemental.
Retrouver le "bon sens agricole"
Son élection lui permet de valoriser le monde agricole et de retrouver ce "bon sens" qu'il estime perdu dans un département qui a pourtant construit son économie autour de l'agriculture. "Les municipalités ont besoin d'élus qui comprennent le travail agricole et le monde qui l'entoure", insiste Sylvain Renaud. Celui qui se dit "paysan avant tout" souhaite travailler pour et avec ceux qui œuvrent à nourrir les collectivités.
Sans pour autant établir de routine stricte, il se rend tous les jours à la mairie, sans exception, ce qui lui permet d'être réactif, "en plus d'avoir de bonnes connaissances des chemins, de la commune et de ses habitants". Cette organisation s'est faite "naturellement et sans bouleversement réel dans [sa] vie professionnelle", précise Sylvain Renaud : "À 8 heures la traite est terminée, donc la journée en tant que maire peut commencer." Son fils Kévin assure que "la décision a été collective avant tout" et estime que le choix de son père de se présenter en tant que maire faisait sens. Aujourd'hui, la volonté de Sylvain Renaud pour Le Ham est claire : l'agriculture et ceux qui l'entourent méritent d'être dans la lumière et il faut encourager ces acteurs à se mobiliser en politique.
Un crédit d'impôt remplacement
Grâce à la loi de finances pour 2026, adoptée début février, les maires des communes de moins de 1 000 habitants, lorsqu'ils exercent une activité agricole à titre principal, peuvent bénéficier du crédit d'impôt remplacement dans le cadre de leur mandat. Concrètement, il s'agit de 12 jours de remplacement par an. Ces journées sont financées à hauteur de 50 % via le crédit d'impôt remplacement. Cette disposition s'applique aux remplacements effectués à compter du 1er janvier 2026. Pour toute autre question, contactez le Service de remplacement local.