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Lactalis et baisse du prix du lait : info ou intox ?

Les réactions n’ont pas attendu. Les propos du Pdg de Lactalis sur une éventuelle baisse du prix du lait payé aux producteurs ne sont pas passés inaperçus. Alors, annonce prévisionnelle ou simple coup de communication ?

Le Groupe Lactalis estime être « sur un repli » du prix du lait payé aux producteurs, « en moyenne sur l’ensemble de l’année ».
Le Groupe Lactalis estime être « sur un repli » du prix du lait payé aux producteurs, « en moyenne sur l’ensemble de l’année ».
© C.T

« Je trouve ça réellement honteux! » Le message de Guillaume Canet, depuis son compte Instagram (guillaumecanetofficiel), fait le buzz depuis la fin de la semaine dernière. L’acteur, qui a notamment tourné en Mayenne dans Au Nom de la Terre s’insurge contre les propos tenus par Emmanuel Besnier dans l’article intitulé « Lactalis va baisser le prix du lait payé aux éleveurs », publié dans le journal Le Monde le 11 juin. L’acteur a d’ailleurs illustré son mécontentement en ajoutant un « Révoltant !!! #Lactalis », en rouge sur un extrait de l’article. En lisant ces propos, le 26 novembre 2019, jour où Lactalis et l’Unell signaient un accord-cadre important qui concrétisait les principes de la loi Egalim, paraît bien loin. Cet accord, résumé dans un communiqué de presse toujours disponible sur le site du groupe laitier, stipule que l’« un des axes majeurs est la prise en compte du prix de revient en élevage laitier et des indicateurs de mise en marché dans la formule de prix ». L’accord insiste aussi sur le respect des « principes des États généraux de l’Alimentation », qui doit permettre « de créer de la valeur et de responsabiliser les différents acteurs de la filière ». Mais depuis la semaine dernière, patatras ! Comme si Lactalis faisait table rase des principes même de l’accord de novembre dernier. Après avoir annoncé un chiffre d’affaires en augmentation de 8 %, frôlant les 20 milliards d’euros et de nouvelles acquisitions à l’échelle mondiale (lire notre édition du 12 juin), Emmanuel Besnier évoque dans l’article du Monde un « prix moyen » qui « sera en baisse » au « second semestre ». Ajoutant : « nous sommes sur un repli en moyenne sur l’ensemble de l’année ». Repli qui a d’ailleurs déjà commencé. Les 1 000 litres de lait sont payés 316,24 € en juin pour du 38/32, contre 328,47 €/1 000 litres en avril, puis en mai. Une baisse de 12 € liée essentiellement à la cotation beurre — poudre.

Lactalis se défend

« En aucun cas le groupe n’a décidé de baisser les prix payés aux producteurs », assure le géant laitier Lactalis, à Agra Presse lundi 15 juin. Le groupe mayennais explique que ce prix est « fixé en accord avec les organisations de producteurs dans le cadre de contrat-cadre ». Ce calcul tient compte du mix-produit de l’entreprise. Pour Lactalis, il est de 50 % pour les produits de grande consommation France (PGC), de 20 % pour les PGC export et de 30 % pour les produits industriels. « La crise internationale de la Covid-19 pourrait avoir un impact au second semestre, certains marchés (export et ingrédients) ne progresseront pas autant sur la fin d’année 2020. (…) De ce fait, le prix du lait pourrait ne pas connaître la même évolution positive que les précédentes années », se défend le groupe. Une position que corrobore Claude Bonnet, président de l’Unell (association de neuf organisations de producteurs regroupant 4 100 exploitations livrant à Lactalis). Bien que regrettant cette baisse, Claude Bonnet assure qu’elle s’opère « dans le respect des accords passés » en tenant compte, pour le prix du mois de juin, de la valorisation beurre-poudre du mois d’avril, alors à un niveau très bas. Que penser alors des propos rapportés par Le Monde? Une communication maladroite… À moins que cela ne soit la tenue d’un discours volontairement pessimiste pour faire prendre conscience d’une tendance baissière à venir. Pour autant, il semble difficile, actuellement, de tabler sur ce que seront, dans les mois à venir, le prix du lait et la cotation beurre — poudre. Une cotation qui évolue, sur le marché mondial, et qui, d’une semaine à l’autre, se révèle très changeante.

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