FDSEA/JA
La chasse aux produits étrangers se poursuit dans les GMS
Dès le lendemain de la mobilisation à La Gravelle (lire notre édition du 16 janvier), les agriculteurs de la FDSEA 53 et de JA 53 ont poursuivi leurs actions en rendant visite à des supermarchés. Dans leur viseur une nouvelle fois, les produits alimentaires d’origine étrangère.
Dès le lendemain de la mobilisation à La Gravelle (lire notre édition du 16 janvier), les agriculteurs de la FDSEA 53 et de JA 53 ont poursuivi leurs actions en rendant visite à des supermarchés. Dans leur viseur une nouvelle fois, les produits alimentaires d’origine étrangère.
Dans l’élan de leur mobilisation à La Gravelle mercredi 14 janvier, où ils avaient contrôlé les cargaisons de près de 350 camions, les agriculteurs de la FDSEA 53 et de Jeunes agriculteurs de la Mayenne ont effectué plusieurs actions en GMS (grandes et moyennes surfaces).
« Comme eux, on fait de la com’ »
Rendez-vous était donné jeudi 15 janvier au Super U de Pré-en-Pail. Une petite dizaine d’agriculteurs ont répondu présent. « On y va tous les deux ou trois ans », rappelle Jérôme François, JA du canton en question. Il dresse un constat au goût amer : « Autant auparavant on pouvait noter beaucoup d’effort, autant là, on trouve que ça s’est dégradé. On a rempli entre 15 et 20 caddies, et on a dit stop. » Lait, viande bovine, porc, volaille, plats préparés ou encore produits issus de céréales étaient ciblés. « On leur a demandé de garder hors des rayons tous les produits enlevés pendant au moins 24 heures, poursuit l’agriculteur. Comme eux, on fait de la com’ à travers cette action. On rentre dans leur jeu, et ils n’aiment pas ça… Le directeur de la centrale d’achat Système U nous a rappelés pour nous dire qu’il rencontrerait la FDSEA et les JA de la région dans les prochaines semaines. »
« Ça fait plaisir à voir »
Au Super U d’Ernée, six agriculteurs sont allés vérifier l’origine des produits. Le bilan est très positif, comme le raconte Hervé Derenne, JA du canton d’Ernée : « Nous n’avons rien constaté dans les produits laitiers, la charcuterie, la volaille… Je ne dis pas qu’il n’y en avait pas, mais en tout cas nous n’en avons pas vu. » Il fait état d’une bonne relation entre la direction du Super U et les agriculteurs : « Nous étions déjà venus les années précédentes, et ici, la direction est en place depuis plusieurs années. On les connaît, on était à l’école ensemble, ils sont conscients de nos situations. Certains clients leur demandent des produits qui ne sont pas d’origine France, et ils leur expliquent que c’est pour cela qu’ils ne sont pas dans les rayons. » Pour Hervé Derenne, « ça fait plaisir à voir, et ça peut donner des idées à d’autres supermarchés ».
« Les produits français peuvent être abordables »
Guillaume Lancelin, président du canton de Château-Gontier pour la FDSEA 53, était accompagné de trois JA de Château-Gontier et de trois JA de Craon lors de l’action syndicale au Leclerc de Château-Gontier, vendredi après-midi 16 janvier. « Nous avons retiré des rayons une vingtaine de caddies remplis de produits non français. Pour certains produits, comme le quinoa ou le soja, il est normal qu’ils proviennent d’Asie ou d’Amérique du Sud. On ne cultive pas cela chez nous. En revanche, nous avons été choqués de voir du veau issu des Pays-Bas ou des choux de Bruxelles congelés venus de Belgique, alors que les producteurs de choux mettent actuellement toute leur récolte dans les méthaniseurs ! On marche sur la tête… Nous avons aussi repéré du sucre d’origine Amérique du Sud ».
Il est complété par Tanguy Gauthier, président JA du canton : « Nous avons ciblé la marque distributeur. Dès les premiers rayons, on a constaté que dans quasiment chaque produit, on retrouvait des origines étrangères. La direction du magasin était en permanence avec nous : au moins, elle joue le jeu et nous écoute. Ils se justifient en disant qu’il est nécessaire pour eux de proposer des produits pas chers. Mais il peut y avoir des produits français à des prix abordables. » Pour Tanguy Gauthier cependant, « il y a un an, je pense que c’était pire que ce que nous avons constaté ». Des visites d’autres enseignes de Château-Gontier sont prévues.