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Insémination
Immersion dans la dernière taurellerie privée de France

Le centre d’insémination artificielle bovine de La Crespelle, à La Chapelle-Janson (Ille-et-Vilaine), est depuis une vingtaine d’années le dernier CIA privé de France. Samedi 27 mai, il ouvre ses portes pour une visite de sa toute nouvelle taurellerie.

Le CIA La Crespelle, producteur de semences à La Chapelle-Janson en Ille-et-Vilaine, à quelques pas de la Mayenne, est né en 1961. La Crespelle, c’est avant tout une histoire de famille. C’est Vincent Jouan (24 ans), représentant la troisième génération du centre, qui nous reçoit. Avec son père Alain (53 ans), ils sont aujourd’hui codirecteurs du CIA, qui emploie une dizaine de salariés. Dans quelques semaines, ils organiseront une porte ouverte de leur centre et surtout de leur nouvelle taurellerie, outil de production du CIA. Il y a un an, le centre faisait peau neuve avec des bâtiments flambants neufs : nouvelle stabulation, où les taureaux sont installés depuis quatre mois maintenant, nouvelle salle de monte, nouveaux vestiaires, nouvel atelier et nouvelle salle de réunion. S’il date de 2008, le laboratoire, lui aussi, avait été reconstruit entièrement à neuf. « Notre complexe devenait par endroit obsolète. L’objectif de toute cette reconstruction est de produire et d’exporter davantage », confie Vincent.

Améliorer le schéma de sélection

Il existe aujourd’hui une dizaine de taurelleries coopératives en France. En revanche, La Crespelle est la dernière taurellerie privée de France depuis la fermeture, il y a une vingtaine d’années, d’une consœur dans le Jura. « Ici, nous sommes totalement indépendants, on vit grâce aux 2 000 éleveurs qui font appel à nous et qui nous font confiance, que ce soit en Ille-et-Vilaine, en Mayenne, en Maine-et-Loire, dans l’Orne ou encore en Loire-Atlantique. Ce sont des départements où on est le plus actif. Après, on a des clients un peu partout en France. Nous travaillons aussi une dizaine d’indépendants, à leur compte », énumère Vincent, qui gère pour sa part un carnet de 120 clients. « L’objectif principal est d’améliorer la génétique du troupeau de nos éleveurs, de créer une meilleure femelle que sa mère. C’est ce qu’on appelle le progrès génétique. Notre mission est de répondre aux besoins de l’élevage, que son troupeau soit plus adapté à sa ferme ».

« Un bon taureau peut rester ici toute sa vie »

Dans sa carrière, un taureau se voit prélever environ 30 000 doses, correspondant en moyenne à 300 doses hebdomadaires. « Un bon taureau de croisement peut rester ici toute sa vie. Il peut donner jusqu’à ses 10 ans environ, contre 5 ans pour les taureaux laitiers. Quand ils ne donnent plus rien, ils partent à l’abattoir », affirme Vincent Jouan. Le taureau est d’abord repéré, parfois quatre ans avant d’arriver à la taurellerie La Crespelle. Après cette période de repérage, le taureau est recruté et passe en quarantaine pendant 56 jours, lorsqu’il a environ un an. « On lui fait faire cinq analyses dans notre nouveau bâtiment de quarantaine. Il rentre ensuite en taurellerie et y reste jusqu’à tant qu’il ne puisse plus produire », indique le jeune directeur du CIA La Crespelle, dont les portes ouvertes auront lieu le samedi 27 mai, à partir de 11h, au 2 La Crespelle à La Chapelle-Janson, au bord de la N12.

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