Biosécurité
FPA : la vigilance s’intensifie !
Après la Belgique en 2018, l’Allemagne en 2020, l’Italie en 2022, c’est l’Espagne, pays frontalier de la France, qui est touché par la Fièvre porcine africaine (FPA) depuis novembre 2025.
Après la Belgique en 2018, l’Allemagne en 2020, l’Italie en 2022, c’est l’Espagne, pays frontalier de la France, qui est touché par la Fièvre porcine africaine (FPA) depuis novembre 2025.
L’Espagne a détecté deux sangliers morts infectés par la FPA (Fièvre porcine africaine) le 26 novembre à 25 km au Nord-est de Barcelone, à moins de 100 km de la frontière française. Au 12 janvier, on dénombrait 64 sangliers infectés dans une zone restreinte de 6 km. De nombreuses mesures de surveillance et de lutte ont été mises en place pour éviter la propagation du virus, en Catalogne. Aucun foyer domestique n’est à déplorer dans les 57 élevages situés dans la zone infectée. L’hypothèse de contamination la plus probable serait le transport du virus via les activités humaines, avec une introduction de la maladie en octobre 2025. En Italie, depuis novembre 2025, on observe une augmentation des cas sauvages dans le Nord, principalement en Toscane et Emilie Romagne. En parallèle, en Allemagne, l’incidence des cas sauvages est faible (source : plateforme ESA). Les cas les plus proches des frontières françaises avec ces pays ont été détectés à 55 km en Italie (le 01/05/2023), à 78 km en Allemagne (le 03/09/2024) et à 94 km en Espagne (le 26/11/2025). Parmi ces quatre pays frontaliers de la France, seule la Belgique a réussi à retrouver son statut « indemne » en novembre 2020. L’expérience montre qu’après l’introduction du virus dans un pays, le temps nécessaire pour revenir à un statut indemne est long : deux ans pour la Belgique et la République tchèque, un an pour la Suède.
La biosécurité, priorité pour se protéger
L’influenza aviaire, la FCO, la MHE, la DNC, ces maladies présentes sur notre territoire provoquent des crises aux conséquences graves sur les filière avicoles et ruminants. Une introduction du virus de la FPA aurait aussi de lourdes conséquences sur la filière. Les maladies qui touchent la faune sauvage sont toujours plus complexes à gérer quant à leur propagation : c’est le cas de la FPA.
La diffusion de la maladie se fait en « tache d’huile » même si l’actualité montre que l’activité humaine peut permettre au virus de parcourir de longues distances grâce à sa forte résistance dans l’environnement. De plus, pour cette maladie mortelle pour les suidés, nous ne disposons ni de vaccin, ni de traitement pour soigner les porcs atteints. Appliquer des mesures de biosécurité est donc la seule façon de protéger ses animaux et l’activité d’élevage. Il s’agit d’empêcher l’entrée du virus de la FPA (ou de toute autre maladie) dans l’élevage, maladie mortelle pour les porcs. En cas de FPA en France, si l’élevage est situé en « zone réglementée », il sera plus facile de maintenir l’activité et d’obtenir des dérogations pour les mouvements d’animaux vers l’abattoir ou d’autres élevages si les règles de biosécurité sont bien respectées. Le statut du mouvement d’animaux est un des critères qui impactera les débouchés commerciaux pour la viande issue de ces porcs.
Pour accompagner les éleveurs, la réalisation d’un audit PigConnect Biosécurité par le vétérinaire ou un technicien permet de vérifier toutes les mesures à observer. De nombreuses informations sur la FPA et les mesures de prévention sont disponibles sur le site https://biosecurite.ifip.asso .fr/accueil Pour rappel, dans la région Pays de la Loire, le PCAE peut aider à la mise en place des investissements biosécurité. Les règles de biosécurité s’appliquent aussi aux transporteurs d’animaux.
En fin d’année 2025, un message de vigilance de l’ANSP (Association nationale sanitaire porcine) leur a été transmis pour rappeler l’importance du nettoyage-désinfection rigoureux des camions pour éviter la diffusion du virus de la FPA (ou de toute autre maladie). Il est aussi recommandé d’éviter de circuler dans les zones réglementées chez nos voisins européens touchés par cette maladie.
Plan d’action en Mayenne
Au printemps 2025, la DDetsPP de Mayenne a initié une démarche en plusieurs étapes pour établir un plan d’action départemental de prévention et de lutte contre la peste porcine africaine. Elle a rassemblé les acteurs du territoire concernés : service de l’Etat, fédération des chasseurs, abattoirs, vétérinaires, organisations de producteurs, GDS, Comité régional porcin, Chambre d’agriculture… Plusieurs réunions ont permis d’organiser des ateliers avec les parties prenantes pour échanger sur les actions à mettre en œuvre en cas de de suspicion ou en cas de foyer de PPA, en abattoir, en élevage ou en faune sauvage. Le plan d’action s’articule autour de cinq axes qui se déclinent en 15 actions et 46 mesures. Un comité de pilotage annuel sera organisé pour poursuivre les échanges sur ce plan d’action et le faire évoluer. Cette initiative a permis d’impliquer tous les acteurs et mériterait d’être déployée dans d’autres départements.