Aller au contenu principal

Foirail de Château-Gontier : une nouvelle page s’écrit

Jeudi 30 avril 2020, le marché aux bestiaux de Château-Gontier intégrait la halle polyvalente de l’Espace Saint-Fiacre. Un 3e déménagement pour un marché qui poursuit sa mission au service de la filière.

La nouvelle halle Saint-Fiacre prête pour son 1er marché aux veaux.
La nouvelle halle Saint-Fiacre prête pour son 1er marché aux veaux.
© JJG

« En un demi-siècle, les exploitations agricoles et l’élevage ont connu de profondes transformations. Les marchés doivent s’y adapter et démontrer leur valeur ajoutée au sein de la filière. C’est ce que va démontrer le nouveau foirail de Château-Gontier. » Tels étaient les propos de Jean Arthuis, lors du marché aux veaux de Château-Gontier, le jeudi 23 avril 2020. Dernier marché avant le transfert, jeudi 30 avril, dans la halle polyvalente de l’Espace Saint-Fiacre. « C’est le 3e déménagement, rappelle Jean-Jacques Gendry, responsable du foirail de Château-Gontier. Initialement, il était dans le centre-ville sur l’ancien champ de foire, à la place de l’actuel Carrefour Market. J’étais gamin. J’allais à ce marché-là », se souvient Jean-Jacques.

Le 18 mai 1972, la Ville inaugure son « nouveau » foirail, de l’autre côté de la rivière Mayenne. Un marché devenu au fil des années, le premier d’Europe pour les veaux. « On avait un outil qui permettait de dégager pas mal de petits veaux sur le marché de l’export. Cela désengorgeait la production à l’époque ». Deux chiffres : en 48 ans de bons et loyaux services, ce foirail aura vu passer 9 millions d’animaux, dont 7 905 000 veaux !

« Quand je suis arrivé à la mairie en 1995, on avait des marchés avec 5 000 veaux », reprend Jean-Jacques Gendry. « Avec Jean Arthuis (maire de 1971 à 2001, ndlr), on avait mis tous les moyens nécessaires pour développer l’exportation au départ du marché de Château-Gontier. À cette époque, sur un marché de 3 500 à 4 000 veaux, pratiquement la moitié partait pour l’Espagne. » Les épisodes sanitaires (fièvre aphteuse en 2001, puis FCO) ont fait changer les modes de commercialisation. « Quand on a rouvert après le dernier épisode FCO, on n’avait plus les volumes nécessaires pour les exportations. » Mais le marché a continué avec l’équipe de Philippe Henry, et il reste un outil nécessaire au service de la filière. « Si une grosse partie des veaux laitiers passe directement dans les centres privés d’allotement, il y a encore 20 %, au niveau national, qui passe par les marchés aux bestiaux, comme le nôtre, note Jean-Jacques Gendry. Cette part n’est pas négligeable. »

Château-Gontier est aussi un lieu important pour les cotations qui sont « indispensables aux éleveurs laitiers et à tous ceux qui produisent des veaux dans les campagnes ».

Le Covid-19 change la donne

En 2018, du mardi 4 septembre au mardi 2 octobre, un essai de diversification avait été tenté, avec un marché aux gros bovins, dans la nouvelle halle, fraîchement inaugurée. « Nous ne voulions pas concurrencer les marchés comme Châteaubriant, mais récupérer une partie des apporteurs de la Mayenne et de la Sarthe et ceux qui fréquentaient le foirail de Laval. » L’essai n’a pas été transformé, au grand dam des organisateurs et de la Ville. L’idée n’est d’ailleurs plus à l’ordre du jour.
Actuellement, c’est le Covid-19 qui perturbe le marché aux veaux. « Depuis le confinement, nos éleveurs de moutons ne viennent plus. Pour les veaux, on fonctionne avec beaucoup moins d’effectifs. Des acheteurs ont préféré ne pas mettre leur personnel sur le marché. Ce que je respecte. » Le jeudi 23 avril, il y avait seulement 265 veaux pour la dernière de l’ancien foirail. « En 2019, à la même période, on était à quasiment 800 ! »
Après le confinement, Château-Gontier espère « retrouver un fonctionnement à peu près normal ». Dans un équipement différent, celui de la halle polyvalente de l’Espace Saint-Fiacre. « L’outil est agréable dans son fonctionnement, sa clarté, sa température… On est dans un environnement plus que confortable, plus que bien ! » Ce que chacun a pu tester, jeudi 30 avril 2020, pour la première page de ce nouveau chapitre.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri53.

Les plus lus

De l’eau en quantité et de qualité
À 32 ans, Damien Bellanger vient de s’installer en Eurl à Saint-Charles-la-Forêt. Il intervient dans les domaines du pompage, du…
Limiter la pénibilité du travail par la robotisation
Au Gaec des Baronnières à Nuillé-sur-Vicoin, les exploitants ont fait le choix d’investir dans la robotisation pour l’atelier…
Chiffres records pour Bel, mais prix à la baisse pour les éleveurs
L’assemblée générale de l’organisation de producteurs APBO, livrant chez Bel, s’est tenue la semaine dernière. La baisse du prix…
De l’importance du suivi de chantier
Fabien Jegu s’est installé en Gaec, à Cuillé, en mars 2015. Avec son associé, Marcel Pannetier, ils ont dû adapter leur nouveau…
La filière allaitante inquiète pour son avenir
Alors que le ministère de l’Agriculture a dévoilé de premières réflexions sur l’architecture de la future réforme de la Pac, qui…
Une première démonstration de force
Jeudi 25 mars, devant la préfecture de la Mayenne, à Laval, près de 200 agriculteurs sont venus montrer leur détermination…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 89€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Agri53
Consultez le journal Agri53 au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal Agri53