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Livre
Etienne Fourmont : « Peace & Food », une réelle passion pour l’agriculture

Etienne Fourmont, agriculteur sarthois, commence à être connu dans le milieu agricole et au-delà parce qu’il est l’un des tout premiers YouTubeurs de France avec un cumul de plus de 17 millions de vues sur ses vidéos. Il est aussi suivi par plus de 30 000 followers sur Twitter. Il vient de faire paraître aux éditions HugoDoc un ouvrage intitulé : « Peace & Food ».

Dans « Peace & Food », Etienne Fourmont raconte sa passion réelle pour l’agriculture, comment il a repris la ferme exploitée depuis quatre générations avant lui, comment il en a modernisé le site. « J’ai augmenté le nombre de vaches ainsi que la superficie des bâtiments qui leur sont dédiés. J’investis beaucoup. Et ça me plait », écrit-il sans aucun complexe et restant, tout au long de l’ouvrage très pédagogique. Ici réside sans doute le secret de cet éleveur qui, à force de lire tant de bêtises sur Twitter dans les années 2013, a ouvert son compte, riposté avant de finir par se prendre au jeu. Comme l’indique le sous-titre de son ouvrage, Etienne Fourmont entend répondre aux idées reçues sur l’agriculture.

Couteau suisse

Non, le métier d’agriculteur n’est pas réservé qu’aux hommes. Plus d’un quart des femmes sont cheffes d’exploitation. Oui, il faut être formé avant d’exploiter, que ce soit en agronomie, en comptabilité, en informatique, en mécanique, en droit etc. Etre agriculteur, c’est être un couteau suisse. Etienne Fourmont rappelle fort à propos qu’on ne peut pas s’installer sans avoir obtenu la capacité professionnelle agricole et justifier d’un diplôme de niveau Bac minimum !. Au fil des pages, l’auteur convainc du bien-fondé de sa démarche. « Oui, l’agriculture est le plus grand plan social secret (silencieux, NDLR) et invisible ». En effet, pas moins de 100 000 exploitations (un peu moins de trois par jours) ont disparu en dix ans, sans que cette saignée n’émeuve les médias. En défenseur d’une agriculture alliant traditions et modernité, l’agriculteur sarthois livre un plaidoyer pour ce noble métier qui, loin d’être un long fleuve tranquille, lui apporte de nombreuses satisfactions à commencer par sa liberté d’exercer ce métier, « d’être son propre patron, d’entreprendre et d’évoluer », comme il l’a confié au Figaro, le 4 mars dernier.

« Fantasme d’écolo»

Il ne faut pas trop le chercher sur les sujets environnementaux sur lesquels il reste très sensible. Il y consacre d’ailleurs un chapitre entier. Non le paysan ne développe pas la monoculture et n’irrigue pas davantage pour obtenir de meilleurs rendements. « Fantasme d’écolo », répond-il sans ambages, expliquant en creux que l’agriculture française est ultra-majoritairement pluviale : « (…) on n’irrigue seulement 7,3 % de la surface agricole utile », explique-t-il, remarquant au passage que même les agriculteurs bio irriguent leur maïs ! Il aborde sans tabou le problème de la contribution de l’agriculture au réchauffement climatique (« Question difficile », concède-t-il), de la réduction de l’empreinte méthane en élevage, des intrants, des zones de non-traitement. Il n’oublie pas de donner quelques coups de semonces à la stratégie européenne Farm to Fork, expliquant que toutes les agricultures ont leur place dans ce bas-monde ! Cet ouvrage didactique et complet qui traite également d’installation, de renouvellement des générations, des conditions de travail et de bien-être animal est émaillé de deux témoignages : celui de Lucie Mainard, avicultrice en poules biologiques en Vendée, et celui Christophe Bitsch, éleveur laitier dans le Haut-Rhin, et qui s’est installé « hors cadre familial ». Comme le disait Charles de Secondat, baron de Montesquieu (1689-1755) : « J’aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers ». C’est là une qualité essentielle pour aller, comme Etienne Fourmont sait si bien le faire, à l’essentiel !

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