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Escale porcine pour bien-être

Vendredi 29 novembre 2019, l’Escale porcine de Terrena – Porvéo a mis l’accent sur le bien-être. Celui de l’animal, mais aussi celui de l’éleveur.

© Archives Agri53

« Ne nous focalisons pas uniquement sur le bien-être du cochon, celui de l’éleveur compte tout autant ! » C’est ainsi que Patric Massabie, de Terrena, a introduit l’Escale porcine de la coopérative, vendredi matin à Laval, devant une bonne soixantaine d’éleveurs mayennais. Une journée d’échange qui partait de ce challenge : répondre aux besoins sociétaux réclamant davantage de bien-être pour l’animal, tout en refusant, à 70 % (source Terrena) de payer au-deà de 5 % supplémentaire le kg de porc à l’étal.

Premier intervenant, Yannick Hervé, de la société RV-Biotech, a listé certains aspects de l’élevage qui participent au bien-être du porc en bâtiment, et donc à la qualité technique des résultats économiques de l’élevage. « La ventilation doit être stable, de façon à évacuer la chaleur sans faire de courants d’air en hiver », a-t-il rappelé, soulignant le seuil de 23 °C à partir duquel « les animaux manquent de chaleur ». Autre aspect : l’organisation dans le bâtiment, avec « des espaces correctement dimensionnés et, surtout, des zones dédiées. « Il faut penser que les mêmes zones de vie que pour nous afin de permettre à chaque cochon de pouvoir s’exprimer. Aussi, quand on surcharge, on diminue l’accès à l’eau, à l’auge et on augmente le stress chez les porcs. »

A la question « comment offrir un environnement zéro stress » dans la porcherie, le technicien s’appuie sur l’observation pour y répondre. « Je me couche avec les cochons pour voir ce qu’ils ressentent. Et le plus souvent, la température au sol n’est pas adaptée, les zones de vie ne sont pas respectées et le renouvellement d’air n’est pas régulier et permanent. » De nouveaux outils existent sur le marché pour alerter l’éleveur de ces dysfonctionnements qui se traduisent par dans le comportement de l’animal. « Avec la vidéo et l’intelligence artificelle, on peut suivre le comportement des animaux et intervenir dès que des alertes nous signalent un problème. Car, le plus souvent, les symptômes d’agressivité entre les cochons, liés au stress, interviennent deux à trois semaines avant les premiers coups de dents entre eux. »

Des mezzanines pour porcelets

Patrick Massabie est revenu sur l’étude comparative de Terrena entre une maternité en liberté et une maternité standard. L’étude est réalisée dans le même bâtiment avec des cases proches les unes des autres. Les 6 places des cases « liberté » ont des surfaces comprises entre 5 et 6 m2, de manière à ce que la truie puisse se retourner sans problème. 30 places sont en cases standard avec balance. Au total, 82 portées « bien-être » et 188 portées standard ont été observées. Première comparaison : la truie qui met bas en liberté écrase, en moyenne, un de ses porcelets, ce qui ne se produit pas en case standard balance. Par contre, chez les sevrés, les moyennes montent à 14,2 porcelets sur 15,6 nés vifs dans la maternité liberté, contre 13,1 porcelets sevrés pour 15,2 nés vifs en case standard.

Les porcelets sevrés ont été ensuite placés ensemble, dans des cases dont certaines ont été équipées de mezzanine. Des petits étages permettant d’augmenter la surface de vie, construites avec un sol en caillebotis plastique avec un accès en pente en caillebotis métallique. « En 10 minutes, ce nouvel espace a été conquis par les porcelets », a observé Patrick Massabie. Au-delà de l’aspect ludique, cet augmentation de la surface s’est traduit par une diminution nette (-65 %) de nécroses des orteils chez les post-sevrage en engraissement et aussi par une hausse du GMQ de 10 g/jour lors du 1er essai et de 34 g/j au 2e essai. Par contre, en naisseur-engraisseur, le GMQ a perdu 17 points au 2e essai et 4 points au 1er essai. Autre résultat, ce système de mezzanine augmente le temps de travail lors du nettoyage : « plus 50 % de temps de nettoyage pour une surface augmentée de 30 % ». Le jeu en vaut-il la chandelle ? Pas de réponse dans l’immédiat, mais Terrena va poursuivre les essais.

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