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Enfouir le lisier pour limiter les pertes

Une centaine d’agriculteurs a participé, mercredi dernier, à la présentation de trois matériels d’épandage, avec enfouissement. Une démonstration concoctée par les Fd Cuma de la Mayenne et de l’Orne qui s’est tenue à Cigné.

Chaque essai a été passé au crible par les agriculteurs présents à cette démonstration. VG
Chaque essai a été passé au crible par les agriculteurs présents à cette démonstration. VG
© VG

Si elle est encore en préparation, la loi Prépa (pour : Plan national de réduction des émissions des polluants atmosphériques) va concerner l’agriculture et les pratiques agricoles. « Sur les 50 mesures envisagées, 17 concernent directement l’agriculture », présente Hervé Masserot, de la FdCuma 53. Concrètement, les émissions de NH3 (azote ammoniacal) doivent, dès 2020, baisser de 4%.  Or, un tiers du NH3 émis dans l’atmosphère provient des lisiers épandus. Cette volatibilité du NH3 diffère selon le matériel utilisé. Ainsi, à une température de 12° C, avec un épandage de lisier à buse palette, 40 % du NH3 se retrouve dans l’atmosphère en 6 heures. Et on atteint 88 % à 30 °C ! Par contre, un système avec rampe à pendillards ne perd que 19 % (12°C) et 39 % (18 °C), et une injection directe dans le sol, seulement 3 % à 12° C.

En comparant ces trois types d’épandage à lisier, avec une tonne de 16 m3 épandant 15 000 m3/an et coutant 50 000 €, la perte brute atteint 8100 € pour la buse palette, 3240 pour la rampe à pendillards et 0 pour l’injection. Par contre, le coût moyen au m3 est plus important pour l’injection (3,12 €) que pour la buse (2,79 €) ou la rampe à pendillards (2,83 €). On comprend dès lors l’intérêt, pour les constructeurs, de faire changer les pratiques, afin d’entrer dans les clous du futur Prépa.

• Pichon propose un enfouisseur à disques équipé sur une tonne de 20 000 litres. Il présente l’avantage de la polyvalence : « on épand sur prairie ou sur chaume ». Le groupe Pichon conseille l’acquisition d’un 5 ou 6 mètres. « Il faut aller plus lentement qu’avec une buse palette. » L’idéal serait de 6 km/h. Utilisatrice de matériel, la Cuma de Beaulieu n’a pas caché sa satisfaction, notant quand même : « il faut un lisier propre, sans cailloux, car, pour aller enlever les corps étrangers, ce n’est pas facile ». Petit bémol lors de l’essai : pas d’épandage à gauche en raison d’un bouchon… Bémol corrigé pour le second passage.

• Fliegl est venu avec une tonne de 18 000 litres équipée d’une rampe à pendillards de 15 mètres, une fois déployée. Cette rampe dispose d’une vis inox sans fin, breveté par la marque allemande, qui assure une distribution régulière. Le système est homologué pour l’enfouissement « à la racine, jusqu’à 3 cm », détaille Denis Houdard, commercial de la marque. Cependant, l’essai n’a pas été totalement concluant : « ça raye juste le terrain », « ça reste en surface », commentaient les agriculteurs à propos de l’enfouissement attendu. Une trop grande vitesse a pu perturber l’enfouissement attendu.

• Jeantil, avec une tonne GT 14000 (pour 14 000 litres) proposait aussi un enfouisseur à disques, de 6 m de large, avec un inter-rangs de 40 cm. Un atout : « chaque élément est monté sur ressort », ce qui le rend indépendant. Il est équipé de deux pièges à cailloux : l’un sous la tonne, l’autre sous le répartiteur. Là aussi, « l’outil est polyvalent, utilisable sur prairie comme sur chaume ». L’essai a été concluant. VG

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