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En hiver, comment tourne une Cuma ?

Comment s’organise-t-on dans les ateliers d’une Cuma l’hiver ? Quelles sont les activités des salariés en période creuse, dans l’attente du rush de la saison printanière ? Rencontre avec deux salariés de coopératives mayennaises : Benjamin Leblé, de la Cuma des Courans à Longuefuye, et Mickaël Talvard, employé à la Cuma de la Vaige à La Cropte.

En période creuse, les Cuma s’organisent différemment. Les activités et emplois du temps s’en voient modifiés. « Je suis à temps plein, mais en ce moment, je travaille 4 jours par semaine, soit environ 35 h », explique Benjamin Leblé (26 ans), arrivé en avril 2017 à la Cuma des Courans. Avec son collègue Florent Houdmon (30 ans), salarié à mi-temps, Benjamin gère un parc de 30 à 35 matériels, dont une ensileuse, deux moissonneuses et deux tracteurs. « C’est creux sans être creux, il y a quand même de quoi s’occuper entre l’entretien et la préparation du matériel, les prestations mécaniques effectuées pour les 25 à 30 adhérents : soudures, changements de pièces dus à l’usure, la transformation du matériel, etc. On révise tout le parc de la Cuma pour qu’il soit d’attaque pour la pleine saison. C’est la seule période où il est à l’arrêt et où on peut se permettre de l’immobiliser quinze jours à trois semaines à l’atelier ».   

 

Méthanisation et transport

Du côté de la Cuma de la Vaige, regroupant 40 adhérents principaux, l’effectif est un peu plus conséquent avec quatre salariés à plein temps. De fait, les horaires sont d’autant plus réduits. « En hiver, ce sont les plus petits mois de l’année. On fait du 30 h par semaine sur 4 jours » détaille Mickaël Talvard (44 ans), salarié depuis 23 ans à la Cuma de la Vaige. L’amour du beau matériel récent, l’entretien mécanique et la conduite, autant d’intérêts qui lui ont donnés envie de devenir salarié d’une Cuma. « On fait beaucoup de prestations de chauffeurs. Depuis un an et demi ou deux ans, on a un peu plus de transports l’hiver (lisier, digestat) avec l’arrivée de la méthanisation qui a d’ailleurs déclenché une embauche, même si notre plus grosse activité est la moisson. » Lors de l’arrivée de Mickaël Talvard, en 1999, la Cuma de la Vaige réalisait 650 ha de moissons avec 22 adhérents. Aujourd’hui, c’est 1 250 ha, mais avec 16 adhérents.   

 

« Ce n’est que du préventif »

Avec la gestion et l’inventaire des stocks de pièces commandées en décembre, la maintenance sur les machines, la révision du parc, Mickaël et ses collègues ont de quoi occuper leurs journées d’hiver. « Tous les outils sont repris un à un par nos deux mécanos et les gars qui donnent un coup de main. Ce n’est que du préventif. Les épandeurs sont désossés, nettoyés. On connaît nos machines, on fait beaucoup d’entretien nous-mêmes. Tout est revu pour repartir tranquillement sur la saison », qui commencera vers le 15 mars, sauf incident climatique. Et d’ajouter : « L’activité hivernale, c’est aussi la recherche de saisonniers pour les moissons, on cherche des CS » (pour « certificat de spécialisation », NDLR). Avant de résumer : « dans notre métier, c’est la polyculture-élevage qui donne le travail ». Actuellement, la Cuma de la Vaige compte notamment quatre moissonneuses, deux ensileuses et quatre tracteurs dans son atelier.   

 

Les Courans tournés vers la jeunesse

À la Cuma des Courans de Longuefuye, Benjamin et Florent, depuis toujours passionnés par le milieu agricole et sa mécanique, apprécient l’indépendance qui leur est laissée. « Ici, on dispose d’une autonomie qu’on ne peut pas avoir en entreprise. On ne nous dit pas ce qu’on a à faire. C’est un travail d’autogestion, tant que le boulot est fait… L’autre spécificité, c’est qu’on est un duo de jeunes avec Florent, c’est assez rare dans une Cuma d’avoir une moyenne d’âge de 28 ans », commente Benjamin, titulaire d’un certificat de spécialisation dans la conduite et l’entretien du matériel agricole. « À la suite de mon CS, j’ai commencé comme chauffeur en Cuma. Quand j’ai été embauché aux Courans, la Cuma hésitait à reprendre un salarié à plein temps. » Finalement, elle a même décidé d’engager Florent Houdmon à mi-temps, preuve que le secteur recrute…

 

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