Aller au contenu principal

Transmission
Deux générations se rencontrent pour construire l'avenir

Alexis Melot, conseiller Transmission à la Chambre d’agriculture, a accompagné des élèves de BTS Acse de l’Agricampus Laval autour d’un travail sur la reprise d’une exploitation réellement en réflexion de transmission.

En fin d’année dernière, 23 élèves de BTS Acse ont travaillé sur la reprise d’une exploitation réellement en réflexion de transmission. Pour cela, ils ont rencontré les éleveurs concernés.
© AM

Depuis plusieurs années, Alexis Melot, conseiller Transmission à la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, accompagne des centaines de porteurs de projet et rencontre de nombreux agriculteurs en réflexion sur leur transmission. « Une certitude s’est imposée au fil du temps : l’avenir agricole sera solide si nous créons des ponts entre ceux qui vont s’installer et ceux qui s’apprêtent à transmettre », témoigne-t-il. C’est de cette conviction qu’est né l’exercice pédagogique mené avec les étudiants de BTS Acse de l’Agricampus Laval, leurs formateurs et des agriculteurs cédants du territoire.

Un exercice pour rassurer, valoriser, préparer

Pour les futurs cédants, la transmission peut être une étape délicate : difficile de se projeter, d’imaginer qui reprendra la ferme, et comment. De leur côté, les jeunes se forment, s’impliquent et démontrent une vraie volonté d’installation. « Ils ne demandent qu’une chose : exprimer leurs compétences sur du concret », poursuit le conseiller. L’idée est donc simple : rapprocher ces deux mondes en faisant travailler des étudiants sur la reprise d’une exploitation réellement en réflexion de transmission, en rencontrant directement les agriculteurs concernés. Après un premier succès en 2023 — dont la transmission effective a eu lieu en août 2025 — l’expérience a été reconduite en novembre et décembre 2025. 

Immersion sur le terrain pour 23 étudiants

Avec son collègue Vivien Nadau, conseiller Installation, Alexis Melot a rencontré les élèves de la classe de BTS ACSE 2e année pour leur présenter les démarches d’installation, la recherche d’exploitations à reprendre et les points clés d’une transmission réussie. L’après-midi, direction le Gaec de l’Asnerie, à Quelaines-Saint-Gault. Les 23 étudiants y ont rencontré Franck et Jacky Tireau, deux frères produisant plus de 700 000 litres de lait sur 125 hectares, en système robotisé depuis 2001, afin de mener un entretien complet et de visiter l’exploitation. Ils ont rapidement observé un fil conducteur dans l’organisation des cédants : efficacité, confort de travail et équilibre de vie. Des éléments essentiels pour évaluer l’attractivité d’une reprise. S’ils n’avaient pas accès au Point accueil transmission ni à l’estimation officielle (Centre de gestion et Chambre d’agriculture), ils ont reçu les données technico-économiques nécessaires pour bâtir une analyse sérieuse.

Cinq scénarios de reprise

Après la visite, les groupes d’étudiants ont travaillé plus de vingt heures — sans compter leur travail personnel — sur l’analyse des ateliers animaux et végétaux, les résultats technico-économiques, l’estimation de la valeur de l’entreprise et la construction de scénarios réalistes de reprise. Le 9 décembre dernier, Franck et Jacky Tireau se sont rendus à l’Agricampus Laval pour assister aux restitutions. Chaque groupe a présenté une analyse complète de l’existant (production laitière, productions végétales, mécanisation, bâtiments, situation économique, diagnostic global), et cinq projets d’avenir. En couple, en individuel, entre tiers, ajout de lait, association, orientation herbager, etc. : chaque scénario était accompagné des investissements nécessaires et des impacts techniques, économiques et sociaux. Les étudiants ont complété leurs présentations par les atouts, contraintes et perspectives.

« Notre exploitation est réellement reprenable »

« Cet exercice permet aux cédants de mieux comprendre les repères des futurs repreneurs : prix du lait, marges, productivité, annuités, assolement, bilan fourrager, prélèvements privés… Et, surtout, de visualiser ce qui est faisable », témoigne Alexis Melot. Selon les formateurs du BTS Acse, « l’exercice permet aux étudiants de connecter théorie et réalité professionnelle, et d’être acteurs de leur apprentissage ». Franck et Jacky Tireau, quant à eux, ont été impressionnés par la clarté et la qualité des analyses et la pertinence des scénarios proposés : « Cet exercice nous permet de voir que notre exploitation est réellement reprenable, et sous différentes formes. Cela nous aide aussi à nous plonger encore plus sérieusement dans nos chiffres. » A la suite de cette expérience, les deux associés ont décider de poursuivre activement leurs démarches d'anticipation et de s'inscrire prochainement sur repertoireinstallation.com, la plateforme officielle reliant cédants et porteurs de projet. Les étudiants seront, eux, évalués sur ce cas concret dans le cadre de leur CCF, une étape essentielle pour leur diplôme. A travers cette démarche, « l’idée est de montrer que les jeunes ont du talent, que les exploitations sont attractives, que la transmission peut être anticipée sereinement et que l’avenir agricole peut être confié à une génération formée, engagée et inventive », conclut Alexis Melot.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri53.

Les plus lus

Le camion « L’Aventure du vivant » pour présenter les formations et métiers de l’agriculture

Le camion « L’Aventure du vivant » sera présent au Forum de l'enseignement supérieur et des métiers, à Laval,…

Quelle gestion des risques en Mayenne ?

Groupama Centre Manche a tenu son assemblée générale départementale mercredi 28 janvier, à l’Ateliers des arts vivants à…

Origine des produits : inspecter chez Lidl, ça vaut le coup

« Lidl, ça vaut le coup », tel est le slogan de l’entreprise de distribution allemande depuis septembre dernier. Pour le…

« Les industriels laitiers doivent prendre leur responsabilité »

L'interview de Samuel Gouel, secrétaire général de la FRSEAO et président de la section lait FDSEA53.

La chasse aux produits étrangers se poursuit dans les GMS

Dès le lendemain de la mobilisation à La Gravelle (lire notre édition du 16 janvier), les agriculteurs de la FDSEA 53 et de JA…

La présence du loup une nouvelle fois suspectée en Mayenne

Après la découverte d’une dizaine de cadavres de brebis à Villiers-Charlemagne début février, la préfecture a communiqué sur l…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 110 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Agri53
Consultez le journal Agri53 au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal Agri53