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Entreprise
De la terre aux colorants alimentaires : Oterra cultive la couleur

La société Oterra, installée à Cossé-le-Vivien, va offrir 50 litres de colorant alimentaire à base de betterave pour la réalisation d’une fresque agricole géante par la FDSEA 53 et les Jeunes agriculteurs de la Mayenne. Cette dernière sera filmée depuis les airs, samedi 12 juillet, à l’occasion du passage du Tour de France en Mayenne.

Parcelle de betterave plantée à Cossé-le-Vivien et destinée à la production de colorants alimentaires naturels sur le site de Oterra.
© Oterra

Grâce à Oterra, les téléspectateurs du Tour de France vont en voir de (presque) toutes les couleurs, samedi 12 juillet ! La société, installée à Cossé-le-Vivien, offre gracieusement 50 litres de colorant naturel alimentaire réalisé à partir de betteraves pour mener à bien la réalisation de la fresque spectaculaire organisée par la FDSEA 53 et les Jeunes agriculteurs de la Mayenne, sur une parcelle située à Marigné-Peuton.

Des producteurs dans un rayon de 300 km

Oterra travaille ses colorants naturels alimentaires à base de betteraves, pour obtenir un rouge rosé, et de carottes, pour du orange. « Nous travaillons avec des producteurs dans un rayon de 300 km. Quatre producteurs mayennais, entre autres, nous fournissent de la betterave », explique Frédéric Bonnet, le directeur du site. « Avec ces matières premières, nous produisons du jus concentré avec la carotte, et du jus concentré ou de la poudre avec la betterave, précise Mathilde Caillot, responsable HSE (Hygiène, sécurité et environnement). Ces produits sont uniquement à vocation agroalimentaire. » Aucun produit chimique n’est utilisé pour réaliser les colorants. Actuellement, les cultures sont en cours. « Nous avons des équipes dédiées au suivi de ces cultures et à la mise en place de variétés adéquates aux pigments recherchés », poursuit-elle. « Ces variétés, en fonction de leur résistance et de leur capacité à faire de la couleur, permettent d’augmenter nos rendements », ajoute Frédéric Bonnet. La matière fraîche est réceptionnée dès la sortie du champ, avant d’être broyée afin de récupérer un maximum de pigments. « On sépare la phase pulpe de la phase aqueuse. Cette dernière sera concentrée pour augmenter la pigmentation du produit », détaille Mathilde Caillot. Pour la betterave, la partie concentrée passe en séchage afin d’obtenir de la poudre.

Une activité qui se diversifie

Entre chaque période de campagne, à la fin de la récolte de matière fraîche et jusqu’à la reprise de la prochaine, Oterra se consacre à des activités annexes : entretien, gestion du site… « Nous travaillons aussi la polyvalence, complète Frédéric Bonnet. Certains salariés peuvent aller sur d’autres ateliers ou services (maintenance, logistique…). Nous sommes aussi co-traitants pour notre ancien propriétaire, Symrise : on sèche différents produits comme du brocoli, de la tomate, du céleri, des oignons… Ce sont des produits historiques du site. » Le site de Cossé-le-Vivien a vu le jour en 1927, et créait uniquement, à ses débuts, du jus de pomme. Au fil des années et au gré des marchés, la conception a évolué vers du concentré, le séchage, puis la betterave. Groupe mondial, Oterra rachète le site à Symrise en 2022. Une soixantaine de personnes y évoluent aujourd’hui. Depuis 2023, Oterra réalise également de l’encapsulation de couleur : « On fait venir du curcumin, et nous avons un procédé d’encapsulation des couleurs. Ce sont des produits à haute valeur ajoutée, cela nous permet de pérenniser le site. Ce dernier possède une capacité de production maximale de 50 000 tonnes, dont une production de 5 000 tonnes de produits concentrés, betterave et carotte confondues. Mais sur ces dernières années, une campagne tourne plutôt à 35 000 tonnes. Il est donc important de se diversifier », conclut Frédéric Bonnet. A l’occasion du Tour de France samedi 12 juillet, c’est en prenant un peu de hauteur que chacun pourra découvrir le résultat de la fresque colorée grâce à Oterra.

Frédéric Bonnet : « Une fois clarifiées, nos eaux usées sont épandues sur les parcelles autour du site, jusqu’à 5-6 km ».

Il a dit

Frédéric Bonnet, directeur du site Oterra : « Nous essayons d’avoir une relation étroite avec les producteurs de betteraves et de carottes, notamment en prenant en compte leurs problématiques phytosanitaires. Nous sommes principalement sur deux marchés : européen et américain. Les normes ne sont pas les mêmes, et nous devons gérer deux contraintes distinctes que l’on fait subir aux producteurs. Ça devient complexe pour eux. C’est pour ça qu’il y a un suivi avec nos techniciens qui suivent les cultures, afin de trouver les meilleures solutions et que les produits soient mis en temps et en heure. »

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