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Vie des entreprises
Dans les coulisses de l'impression d'Agri 53

Petite visite au cœur de l'imprimerie de La Nouvelle République du Centre, à Tours (37), où notre journal Agri 53 est imprimé et fabriqué chaque jeudi, et ce depuis 2016, pour arriver le vendredi entre les mains de nos lecteurs.

Les rotatives de l'imprimerie NRCO à Tours, tournent à la vitesse de 33,6 km/h.
© AF

Dans les entrailles de l'imprimerie de La Nouvelle République du Centre à Tours, chaque exemplaire d'Agri 53 est le fruit d'une alchimie complexe, où machines colossales et technologies de pointe façonnent votre hebdomadaire agricole.

De la page au film : le point de départ

Avant de prendre forme sur le papier, chaque page de votre journal entame un cycle de transformations techniques. La première étape cruciale consiste à obtenir un film de la page en négatif. La magie opère grâce à la décomposition en trois couleurs dites « de base » (le jaune, le bleu cyan et le rouge magenta) ainsi que le noir. Les plus observateurs d'entre vous auront d'ailleurs remarqué les 4 carrés de couleur qui se situent à chaque pliure de page, qui sont la traduction de cette quadrichromie. Ce film est ensuite copié sur une plaque en aluminium flexible, dite « plaque offset ». Ce sont ces plaques qui vont ensuite passer sur les rotatives de l'imprimerie. L'imprimerie en utilise 5 000 par semaine, toutes étant à usage unique et recyclées par la suite.

Le ballet des rotatives

Cœur battant et rugissant de l'usine, deux monstres d'acier de 535 tonnes chacun, vont lancer l'impression du journal : les rotatives. Enchevêtrement de tubulures, de passerelles, d'escaliers, mais aussi et surtout de cylindres et de rouleaux (le château de barres), elles s'activent 7 jours sur 7 et presque 365 jours par an pour imprimer le soir jusqu'à 1 h du matin les 5 éditions de La Nouvelle République, et l'après-midi les éditions de 18 autres hebdomadaires, dont Agri 53 le jeudi après-midi. Les deux rotatives de La Nouvelle République ont 40 ans mais cela ne les empêche pas d'afficher des performances impressionnantes. Une fois les plaques offset solidement fixées sur les cylindres, la sarabande du papier est lancée. Les bobines de papier déroulent chacune leurs 18 000 mètres à une vitesse vertigineuse de 560 mètres à la minute, soit l'équivalent de 33,6 km/h. À cette allure, la moindre «casse» papier peut prendre des proportions industrielles... En rythme de croisière, 50 000 exemplaires sont imprimés à l'heure, soit 15 à la seconde ! 

Depuis un poste de pilotage centralisé, les machines sont commandées avec une précision chirurgicale. La quantité d'encre et la pulvérisation de l'émulsion eau + encre sur les plaques sont déterminées numériquement par la machine. Des caméras intégrées corrigent au besoin l'encrage si celui-ci venait à faire défaut. Pour un hebdomadaire comme Agri 53, imprimé à 3 500 exemplaires, il est en réalité nécessaire d'en imprimer 4 500. Les 1 000 exemplaires supplémentaires constituant la « gâche », le temps de mettre la machine en chauffe et d'atteindre la qualité d'impression optimale. À la sortie, la machine découpe, assemble et plie les feuilles pour façonner le journal final. Chaque exemplaire est alors saisi un par un par des pinces d'un gigantesque « serpent mécanique » qui file vers la salle des expéditions. C'est là que les journaux sont routés, c'est-à-dire qu'on y imprime l'adresse du destinataire final. Ils sont ensuite triés et emballés par paquets selon leur destination pour être acheminés par camion vers les différents dépôts postaux.

Papier, encres, pression environnementale 

Environ 5 000 tonnes de papier sont utilisées par l'imprimerie de La Nouvelle République chaque année. Agri 53 à lui seul n'en utilise que 12 tonnes. Constitué de fibres recyclées, il provient soit des Vosges (Golbey), soit du Canada (Norske). L'évolution du prix du papier a été un véritable défi ces dernières années avec une hausse d'un peu plus de 45% pendant la crise inflationniste de 2023. « Depuis, le prix n'a pas augmenté mais nous sommes restés sur un plateau haut », précise Fabrice Deniau, le directeur adjoint de l'imprimerie. 

L'encre, autre matériau essentiel, fait également l'objet d'un processus industriel tout aussi impressionnant. L'encre noire, livrée par camion-citerne, est stockée dans trois immenses cuves de plus de 10 mètres de haut. Les encres des trois autres couleurs, utilisées en plus petites quantités, sont quant à elles contenues dans des citernes de taille plus modeste. Comme tout processus industriel, l'imprimerie doit aussi s'adapter aux contraintes réglementaires et environnementales. Parmi les changements notables récents, l'interdiction du blister de protection plastique est effective depuis janvier 2023. Et les évolutions réglementaires se renforcent encore avec, à compter du 1er janvier 2026, la substitution des encres d'origine minérale par des encres à pigments d'origine végétale. « Nous sommes en pleine phase de test », explique Fabrice Deniau. Car, bien sûr, la qualité d'impression de votre journal ne doit pas en pâtir !

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