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Méca'Innov
Cuma de Montigné : « Les jeunes apportent de nouvelles idées »

La Cuma de Montigné profite d’une nouvelle dynamique insufflée par l’arrivée de plusieurs jeunes agriculteurs. Dernièrement, la création d’un groupe tracteur a permis de mettre en place la location d’un Claas Arion 650, à partir de septembre, par le biais de la CamaCuma. La place des jeunes dans les Cuma sera abordée lors d’un forum débat à l’occasion de l’événement Méca’Innov, jeudi 25 septembre à Château-Gontier-sur-Mayenne.

Jullien Vallée, 25 ans, est l’un des jeunes impliqués dans la Cuma de Montigné, présidée depuis deux ans par Mickaël Breton.
© TB

Mickaël Breton a pris la présidence de la Cuma de Montigné voilà deux ans. « Elle a été créée au début des années 1980 par quatre agriculteurs de la commune », débute l’agriculteur, installé en lait, viande et cultures. À son arrivée, la plupart des adhérents à la Cuma – elle en compte aujourd’hui près d’une trentaine - avaient plus de 50 ans. « C’est peut-être pour cela qu’il n’y avait pas nécessairement l’envie de changer le matériel », poursuit-il. Mais les jeunes s’installent dans le secteur, « six ou sept en l’espace de deux ans », ce qui a redynamisé la Cuma, qui reste à taille humaine : « Certains nous rejoignent pour cela. Ça permet notamment d’avoir de la disponibilité sur les outils », développe Julien Vallée, 25 ans, installé à Ahuillé depuis avril dernier en production laitière, viande et céréales.

À la Cuma de Montigné, les jeunes adhèrent et prennent le temps de s’installer avant de s’impliquer davantage : « J’estime qu’au début, tu as assez de travail sur ton exploitation. Mais je trouve ça bien de s’impliquer rapidement car c’est au début de son activité qu’on lance des choses, qu’on n’a pas encore l’esprit formaté », explique Mickaël Breton.

Un groupe tracteur

Cet élan de jeunesse entraîne la volonté d’investir de nouveau. « Avant, on renouvelait seulement le matériel usé, les adhérents ne demandaient pas quelque chose de mieux, constate le président de la Cuma. Les jeunes apportent de nouvelles idées, notamment en termes de technologie. Le tout en restant dans des coûts abordables. Le prix, ça reste le nerf de la guerre. » La Cuma a entre autres investi dans un gros cultivateur de 5 mètres « car ces jeunes-là, aujourd’hui, en ont l’utilité. On était toujours restés en 3 mètres ».

Un dernier gros projet va prochainement aboutir, né d’un groupe « tracteur » initié par les plus jeunes : « Ça faisait quatre ou cinq ans que ce projet avait été évoqué, rappelle le président de la Cuma. Mais il n’y avait pas assez de monde pour se lancer. Puis certains jeunes en ont reparlé. Aujourd’hui, pour un jeune, acheter un tracteur de pointe d’au minimum 200  000 euros, ce n’est pas rien. Et pour celui qui ne fait pas plus de 600-650 heures avec, ça coûte trop cher par rapport au travail effectué. » Julien Vallée confirme : « Dans mon cas, j’ai un tracteur de tête de 160 chevaux mais vieillissant. Le but avec le tracteur de la Cuma, ça sera de faire moins d’heures avec le mien pour le garder le plus longtemps possible et le soulager un peu. »

28 euros de l’heure, entretien inclus

Sur les conseils de la FD Cuma, la Cuma de Montigné s’est donc rapprochée de CamaCuma, structure créée pour faire face à l’augmentation du matériel agricole, et louera à partir de septembre un tracteur Claas Arion 650, de 185 chevaux. « Il s’agit d’un contrat d’un an. Si, à son terme, on constate que ça ne le fait pas, on peut tout arrêter, sans frais », précise Mickaël Breton. Chaque adhérent intéressé s’est engagé, au préalable, sur un nombre d’heures qu’il effectuera avec ce tracteur. Ce qui a permis de définir un tarif à l’heure de 28 euros, pour un total de 600 heures. « Si dans un an, on constate qu’on a fait 700 heures, le tarif passera à 24 euros », poursuit Mickaël Breton, qui ajoute que l’intégralité de l’entretien du tracteur est réalisée par Claas (pannes et pneumatiques inclus), sans coût supplémentaire pour la Cuma. Cette dernière a seulement eu à engager 11 000 € de capital. « Cet argent est placé, et si on arrête avec CamaCuma, on le récupère avec des bénéfices », précise Mickaël Breton.

L’engin, polyvalent dans son utilisation, sera principalement amené à faire du transport et du déchaumage. Même si cette location a pu être concrétisée grâce à l’engagement de huit adhérents, qui seront prioritaires, les autres adhérents de la Cuma pourront demander à l’utiliser. À travers ce projet, la Cuma de Montigné change de braquet : « Avant, il n’y avait que des outils. Dès qu’il y a un moteur dans une Cuma, ça donne de la valeur, se réjouit Julien Vallée. Je pense que les plus anciens voient que les plus jeunes sont ici pour bosser ! »

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