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Comprendre la méthanisation pour mieux l’accepter

La méthanisation est encore nouvelle et mal connue. Des réponses doivent être apportées afin d’en faciliter la compréhension et l’appropriation pour être mieux acceptée. Réponses (non exhaustives) aux questions les plus fréquentes.

Unité de méthanisation à Meslay-du-Maine.
Unité de méthanisation à Meslay-du-Maine. Photo d'illustration.
© VG-Agri53

• Quel impact a la méthanisation sur les sols ?

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », de fait les matières sortantes (digestat) sont le reflet des matières entrantes. Et le carbone qui compose le biogaz direz-vous ? Et bien ce carbone n’est autre que celui qui, pour dans sa grande majorité, se serait échappé vers l’atmosphère le temps de son stockage hivernal, s’il n’avait pas été collecté frais pour être méthanisé. Par ce constat nous répondons aux deux questions Carbone les plus fréquentes : la méthanisation n’amplifie pas l’effet de serre puisque qu’au contraire elle évite des émissions de CH4* dans l’air et la méthanisation ne réduit pas le potentiel humique et la fertilité des sols puisque le carbone stable qui constitue l’humus ne fait pas partie du régime alimentaire des bactéries méthanogènes.

 

• Une unité de méthanisation émet-elle des odeurs ?

Les effluents d’élevage sont naturellement odorants puisque composés entre autres de COV (composés organo-volatils). Ces composés, les bactéries méthanogènes qui en sont friandes, en assurent la dégradation et ainsi la destruction des odeurs. Il s’avère que la méthanisation réduira l’impact olfactif des épandages une fois les effluents digérés.

 

• La méthanisation va-telle modifier les systèmes agricoles ?

Abordons rapidement le sujet des Cive, cultures intermédiaires à vocation énergétique. Ces productions 2.0 visent à accompagner l’agriculture vers l’agro-écologie. En produisant de la biomasse pour la méthanisation et donc de l’énergie, ces cultures intermédiaires rendent un service agronomique et environnemental : enrichissement du sol par ses résidus notamment racinaires, amélioration de la structur du sol en en favorisant la reprise, couverture des sols et limitation du lessivage et de l’érosion, etc… Ces Cive produites en cohérence avec leur contexte pédoclimatique offrent de nombreux services tant à la méthanisation qu’aux champs. Plus largement la méthanisation va amener l’agriculture à adapter ses pratiques notamment par l’intégration de Cive dans les rotations tout en préservant une cohérence dans son développement.

 

• La méthanisation va-telle changer notre cadre de vie et la valeur des biens immobiliers ?

Les projets de méthanisation répondent à des exigences environnementales très pointues y compris en ce qui concerne l’intégration paysagère. Dans ce cadre, les porteurs de projet sont fortement incités à recourir à des pratiques d’intégration adaptées au cadre. Pour créer une harmonie visuelle et gêner le moins possible les riverains, plusieurs solutions existent comme le choix de teintes de matériaux adaptées aux milieux environnants, l’enfouissement partiel des cuves de stockage ou des digesteurs, l’implantation de haies autour du site… Côté valeur immobilière, plus de 700 unités sont en fonctionnement à ce jour en France et l’étude menée fin 2020 sur ce sujet ne révèle aucun impact (Cf. Etude Artelia, Quelia, Segat Immobilier en 2020. https://2050.eco/immobilier/).

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