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Colza : des implantations parfois difficiles

Avec le temps sec, les levées de colza sont souvent hétérogènes. En général, il est préférable d’attendre avant de décider de retourner ou de garder la culture.

Colza à Nuillé-sur-Vicoin le 16/09. Semis du 20/08. Les pieds les plus avancés étaient à 4 feuilles, mais ils étaient peu nombreux. Avec ceux à 2 feuilles (cercles rouges), la densité est d’environ 20 pl/m2 et ne devrait pas poser de problème. Le cadre fait 0,25 m2.
Colza à Nuillé-sur-Vicoin le 16/09. Semis du 20/08. Les pieds les plus avancés étaient à 4 feuilles, mais ils étaient peu nombreux. Avec ceux à 2 feuilles (cercles rouges), la densité est d’environ 20 pl/m2 et ne devrait pas poser de problème. Le cadre fait 0,25 m2.
© JCL - CA53

Des situations très variables

Si on prend l’exemple de Laval, il est tombé 26 mm vers le 17/08, puis 2 mm vers le 27/08, 7 mm le 09/09 et maintenant 8 mm du 21 au 23/09, auxquels il faut ajouter les pluies du 24/09. C’est assez représentatif du reste du département.
Les semis avant le 17/08 ont donc très bien levé - mais attention, les semis très précoces peuvent aussi avoir des inconvénients, surtout si la parcelle reçoit des effluents. Il faut au moins choisir une variété peu sensible à l’élongation et maîtriser la densité.
Les semis après la pluie, à partir du 20/08 peuvent avoir des levées plus irrégulières et échelonnées. Cela dépend des pluies qu’il y a eu ensuite (par exemple 10 mm au lieu des 2 mm vers le 27/08), mais aussi de la texture et de la préparation du sol (mauvaise levée quand le lit de semence est plus grossier).
Les semis de fin août/début septembre ont souvent été peu arrosés avant les pluies du 21/09 et parfois ne sont toujours pas levés.
La pire situation serait celle où il y a eu quelques pluies pour déclencher la germination et que la graine soit morte ensuite faute d’humidité.

Quel peuplement avant l’hiver ?

A l’implantation, on conseille de viser 20-35 pl/m2. Une surdensité est pénalisante. Il ne faut pas trop baisser non plus : en cas de levée difficile, ça peut permettre d’avoir quand même quelques pieds/m2 dans des zones moins favorables.
Le colza a un très bon pouvoir de compensation. Si on arrive à avoir 5-10 pl/m2 répartis d’une façon homogène avec, disons, 600 g/m2 de biomasse à l’entrée hiver, le potentiel sera relativement peu entamé. Le problème, c’est que souvent, la mauvaise levée va se traduire par de grandes zones sans colza du tout, zones où, en plus, les mauvaises herbes risquent de proliférer.
Des colzas qui lèvent au 25 septembre, c’est évidemment tard. Cela dit, il y a beaucoup d’inconnues. Par exemple, on peut avoir un automne doux, qui permettra un certain rattrapage. Par contre, si on a un hiver humide, les petits colzas seront particulièrement sensibles aux excès d’eau. Dans beaucoup de cas, il est donc préférable d’attendre la sortie hiver pour décider de retourner ou de garder la culture.

Exemple : à l’automne 2016, certains colzas ont levés après les pluies autour du 15 septembre. Une parcelle à Ruillé-le-Gravelais, semée le 26/08 a levé vers le 22/09. Elle était à 5-6 feuilles le 19/10. Fin novembre, la pesée donnait 1,5 kg/m2, avec 30 pl/m2.

Surveiller attentivement les petits colzas

Les petits colzas sont aussi les plus sensibles aux ravageurs. De plus, si le peuplement est très limite, il faut évidemment éviter de perdre des pieds.
Donc, si le temps humide se maintient, attention aux limaces. Attention aussi aux grosses altises. Les vols ont commencé vers le 15 septembre ; pour l’instant, la pression est encore modérée. L’impact des adultes sur des colzas au-delà de 4 feuilles est négligeable. Par contre, elles sont capables de détruire ou de bloquer des pieds qui sont à cotylédons/2 feuilles – et elles peuvent détruire des petits pieds mêmes s’il y a des plantes plus développées à côté.

Quelle culture de remplacement ?

Les cultures possibles dépendent du désherbage. Un tableau, « Remplacement de la culture après retournement du colza », disponible sur le site de Terres Inovia, détaille les différents cas de figure. Par exemple, derrière Colzor Trio (napropamide + clomazone + dimétachlore) le blé est déconseillé, même après un labour. Par contre, une féverole d’hiver ou un maïs sont possibles quel que soit le travail du sol. Si on a fait Butisan S (métazaclore) + Solanis (diméthénamide + quinmérac), il est possible de faire un blé après un labour profond et du maïs quel que soit le travail du sol. Le maïs a l’avantage de ne pas trop perturber la rotation mais il faut que le sol convienne, donc ne soit pas trop séchant.

 

 

 



 

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