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Interview
Christiane Lambert : « Ramener de la raison dans les négociations commerciales »

Christiane Lambert, présidente de la Fnsea
© Fnsea

>> Il y a un an, le Gouvernement annonçait le 1er confinement, comment le monde agricole a vécu cette annonce ?

Le 16 mars 2020, lors de son allocution télévisée annonçant le confinement, le président de la République a parlé de souveraineté alimentaire et a dit « confier notre santé et notre alimentation à autrui serait folie ». C’est le président lui-même qui a déclaré l’alimentation comme « essentielle ». Beaucoup de gens s’imaginaient que les rayons des supermarchés seraient toujours pleins et d’un coup d’un seul, il y a eu une peur de pénurie. Les Français se sont mis à acheter des pâtes, du riz, de la farine, des denrées stockables pour pouvoir manger. Ensuite, il y a eu la fermeture des marchés. Peu à peu, les Français ont redécouvert que l’alimentation était essentielle. Ça a été un retour en force de la considération de l’agriculture.

>> Un an après, comment le monde agricole s’est adapté à cette crise sanitaire ?

On dit facilement que « la chaîne alimentaire a tenu ». Oui c’est vrai, les Français n’ont pas manqué d’alimentation, mais elle a été mise à rude épreuve. La fermeture des restaurants, des bars, la suppression des événements ont fermé beaucoup de débouchés. Les secteurs du vin, du cidre, d’un certain nombre de viandes, ou encore les filières pommes de terre et horticoles ont connu de graves difficultés. Il a donc fallu des plans d’accompagnement pour certaines filières. Nous avons aussi des difficultés à trouver de la main-d’œuvre saisonnière pour nos récoltes. Alors que nous avons en France des milliers de chômeurs, nous n’arrivons pas à trouver le million de travailleurs saisonniers dont nous avons besoin pour venir travailler dans nos champs et nos vergers. Nous avons proposé un manifeste pour la souveraineté alimentaire solidaire dans lequel nous proposons toutes les actions à mettre en œuvre pour donner de la compétitivité à l’agriculture française. La France a la chance d’avoir une agriculture extrêmement diversifiée, de production, respectueuse de l’environnement, une agriculture capable de faire du haut de gamme, mais aussi du classique et de l’entrée de gamme, car il faut des productions pour tous les porte-monnaie. Mais elle est challengée aujourd’hui, car beaucoup de pays concurrencent nos produits.

>> Qu’est-ce qui a changé en un an, dans l’organisation du monde agricole ?

Ce qui a changé c’est la considération de l’opinion publique. Ce qui a peu changé par contre, c’est l’attitude de la distribution française qui retombe dans ses travers et qui recommence à faire pression sur les prix bas, alors qu’en France nous avons de hauts niveaux d’exigence en matière de production, que ce soit sur le volet social, environnemental, sanitaire. Nous avons une reconsidération de l’agriculture, une demande de produits français et en parallèle, nous avons une tension sur les prix qui fait que les agriculteurs ont des problèmes de revenus aujourd’hui. Donc il faut qu’on ramène de la raison dans les négociations commerciales. L’alimentation est un enjeu capital, et l’agriculture française a quelques points à régler pour rester compétitive.

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