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Céréales : comment réagissent-elles face au froid ?

Avec l'arrivée de la neige la semaine dernière et les premières gelées, Arvalis revient sur les mécanismes mis en place par les plantes pour résister au froid et leurs capacités de compensation.

Les températures négatives sont à l’origine de la formation de cristaux de glace dans les cellules des plantes et d’une rigidification des parois cellulaires.
© Arvalis

Si la chute des températures est progressive, les plantes ont le temps de s’adapter, de s’endurcir. Cet endurcissement au froid s’acquiert progressivement et atteint son maximum au début ou au milieu du tallage, puis se perd.
La semence, sèche, présente une résistance au froid maximale, notamment parce qu’elle est très peu hydratée. Dès lors que la plantule germe, la résistance au froid chute fortement, pour atteindre un minimum, que l’on situe environ au stade coléoptile. A partir de ce moment, la résistance au froid augmente à nouveau, pour atteindre un maximum courant tallage (entre -10 °C et -30 °C selon les espèces et les variétés). Elle décroît alors à nouveau, pour laisser la culture de plus en plus exposée en fin de tallage et début de montaison.
En cas de chute brutale de la température, a fortiori si la plante est soumise à des épisodes de gel successifs, les contraintes exercées peuvent entraîner un éclatement irréversible des cellules.
Le sol, moins froid que l’air en début d’hiver, joue un rôle protecteur sur une période néanmoins limitée. Il peut également générer des contraintes mécaniques sur les racines et la base des tiges. En cas d’humidité élevée, le sol peut prendre en masse ou se soulever et conduire à un déchaussement des racines.

 

Céréales à paille et sensibilité au gel

Il faut en premier lieu considérer l’effet génétique, selon l’espèce et la variété. L’orge de printemps semée à l’automne est l’espèce la plus à risque. Viennent ensuite l'avoine, le blé dur, l’orge d’hiver et le blé tendre. Le triticale et le seigle sont potentiellement les céréales les plus résistantes au gel. Les variétés sont plus ou moins sensibles aux basses températures (figure 1) et font preuve d’une rapidité d’endurcissement variable. La résistance au froid est aussi influencée par la précocité à montaison.

Figure 1 : Niveaux maxima de résistances au froid et variabilité génétique chez différentes espèces
Une image contenant diagramme, ligne, texte

Description générée automatiquement

 

Le choix de la variété et celui de la date de semis doivent donc viser, surtout dans les zones à risque, une acquisition rapide de la résistance au froid et une durée de cette résistance la plus longue possible. L’historique est également important : l’âge des plantes, la croissance avant le gel, ou encore la fragilisation par un traitement herbicide, peuvent expliquer des différences de comportement entre les parcelles.

 

Comment atténuer les conséquences d’un gel ?

Les conditions de reprise sont primordiales. Un cumul d’épisodes de gel peut entraîner un dépérissement progressif ou des pertes de pieds. L’enjeu est de savoir si l’apex est touché. Selon le moment où le gel est intervenu, il y aura donc soit une simple défoliation, soit une perte de quelques talles, soit un dépérissement complet du pied. Un rattrapage lors du tallage et de la montaison est possible tant qu’il reste une petite centaine de pieds par mètre carré, seuil variable selon le contexte. L’évaluation des dégâts est cependant difficile à réaliser tant que les conditions de reprise de végétation ne sont pas franches. Seule la prévention est possible à travers le choix d’un bouquet variétal et des dates de semis adaptées.

Dans le cas où une culture a été touchée, il faut lui éviter tout stress supplémentaire. En sortie d’hiver par exemple, un apport d’azote, en petite quantité du fait des faibles besoins, peut faciliter le redémarrage de la culture, alors qu’une intervention herbicide peut provoquer une phytotoxicité très préjudiciable.

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