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« Biner va presque devenir incontournable »

Pour l’entreprise Grimoux, entre les nouvelles normes environnementales et les aléas climatiques de plus en plus fréquents, le binage est une méthode d’avenir. Depuis le mois de mai, elle s’est équipée d’une bineuse évolutive.

Luc Grimoux et sa nouvelle bineuse.
Luc Grimoux et sa nouvelle bineuse.
© LG

Depuis le 15 mai, l’entreprise de travaux agricoles Grimoux, située à Montjean, s’est équipée d’une bineuse. « L’idée d’acquérir ce matériel me trottait dans la tête depuis longtemps. Seulement, quand on investit, il faut être sûr d’avoir la clientèle. Il ne faut pas être trop en avance ni trop en retard », affirme Luc Grimoux, gérant. Depuis environ trois ans, l’entreprise a remarqué que les agriculteurs semblaient s’ouvrir peu à peu au binage. « Je pense que cela est dû à la conversion en bio de certains, mais aussi aux zones de non-traitement et à l’interdiction de plusieurs produits phytosanitaires. »

Une activité deux en un

Le binage présente plusieurs avantages. Cette méthode permet d’éliminer les mauvaises herbes, sans avoir recours aux produits phytosanitaires. La bineuse vient les déterrer en les « scalpant » à deux ou trois centimètres de profondeur et laisse leurs racines « griller » au soleil. « Nous pouvons tout de même faire ce que nous appelons un désherbinage. Nous traitons alors sur les rangs, car la bineuse ne peut pas désherber mécaniquement entre chaque plant de maïs. Avec cette méthode, l’utilisation de produit chimique est divisée par sept. » Les agriculteurs peuvent réaliser d’importantes économies. « Le coût de la prestation complète de désherbinage revient à peu près à celui des produits chimiques consommés lors du désherbage. À ceux-ci s’ajoutent cependant les frais mécaniques. »

En plus de désherber, le binage permet de travailler le sol facilitant ainsi l’infiltration de l’eau. « Les bineuses sont généralement équipées de pattes-d’oie pour enlever les mauvaises herbes. Mais si nous voulons travailler un sol battu, nous pouvons aussi les munir de socles de cultivateur. Ils descendent plus profondément et ouvrent la terre. » Pour Luc Grimoux, entre les normes environnementales et les aléas climatiques, « biner va presque devenir incontournable ».

Une bineuse précise

La bineuse de Luc Grimoux a été conçue par la marque Franquet. « Il s’agit d’un outil 8 rangs en écartement de 75 cm. Il est adapté à toutes cultures semées à 75 d’écartement. Chez nous, c’est principalement le maïs. Nous pouvons aussi passer à 6 ou 4 rangs. » Cette machine présente également l’avantage d’être évolutive. Il est possible d’y ajouter différents équipements. Aujourd’hui, l’entrepreneur de travaux agricoles possède des herses étrilles et des protège-plants. « Ce sont des tôles que l’on dispose contre les rangs de maïs lorsqu’ils sont petits pour éviter que les mottes de terre viennent taper dedans et les abîment. »

Par ailleurs, des caméras installées sur la bineuse permettent d’assurer rapidité et précision d’exécution. «La bineuse est autoguidée et donc autonome dans le champ. Nous pouvons nous rapprocher au plus près des rangs pour désherber. » D’autres équipements pourront être ajoutés selon les demandes des agriculteurs.

Luc Grimoux se dit très satisfait de cet outil et affirme que ses clients le sont tout autant. « Je l’ai testée dans plusieurs conditions : sèches, humides, sur des maïs trois feuilles et sur des maïs de 1,50 m. Ça a très bien marché. » La prestation est proposée avec chauffeur. « Nous travaillons à l’heure, mais globalement cela revient à environ 35 €/ha et nous faisons 3 ha en une heure. »

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