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BCAE 8 : énième paradoxe politique

Mise en application cette année, la nouvelle Pac a instauré une mesure faisant croire aux citoyens que nous avions encore la possibilité, en Europe, de laisser 4 % de nos surfaces « non productives ».

Florent Renaudier, président de la FDSEA de la Mayenne.
Florent Renaudier préside la FDSEA de la Mayenne.
© VG-Agri53

En Mayenne, pour respecter cette BCAE (pour « Bonne condition agro-environnementale »), la huitième du genre, on fera assurément valoir les « infrastructures agroécologiques » de nos exploitations comme nos mares, nos bosquets, nos haies, etc. Mais dans l’esprit de nos euro-technocrates, c’est aussi de jachères dont il est question. Le ministère de la Transition écologique lance une consultation citoyenne sur ce thème, ouverte jusqu'au 7 août...

En 2023, il aura fallu cette extrême tension sur la disponibilité des matières premières résultant de la guerre en Ukraine pour obtenir une dérogation à la mesure. Mais quid pour 2024 ? Réponse donnée très prochainement, selon d'ailleurs le résultat de la consultation. Mais on sait déjà la frilosité de la France et de l’Europe à reconduire la dérogation aux 4 % de surfaces non productives…

Alors que nous établissons nos assolements et nos commandes pour préparer la future récolte, alors que certains de nos collègues dans des départements plus céréaliers seront en grande difficulté avec cette mesure, à la FDSEA de la Mayenne nous faisons de cette dérogation un principe majeur.

Au-delà des répercussions de ce malheureux conflit russo-ukrainien sur le sol européen, tous les ministères nous challengent sur notre capacité à produire la biomasse nécessaire pour répondre aux besoins alimentaires toujours croissants et à substituer une partie des énergies fossiles en développant les produits d’origine végétale. Peut-on alors encore se payer le luxe d’afficher des surfaces non productives ?

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