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Bâtiments polyvalents, une solution pour les éleveurs avicoles

Être équipé de bâtiments polyvalents peut être une solution pour sécuriser son exploitation de volailles. Ceux-ci permettent, en effet, de s'adapter facilement aux opportunités du marché et de limiter les risques sanitaires.

© J-Y G

En Mayenne, selon Sanders Ouest, plus de 50 % des élevages de volailles sont en bâtiments polyvalents. « Cela va très bien à trois espèces : les poulets, les dindes et les pintades. Toutes trois doivent être sur litière et si certains éléments sont à adapter, comme les pipettes et les assiettes, l'aménagement est assez simple », affirme Jean-Yves Falaise, responsable des productions de volailles à Sanders Ouest. Une espèce fait toutefois exception : le canard de Barbarie.

Des intérêts économiques et sanitaires

Si ces installations ne sont pas adaptées aux canards, elles restent cependant très avantageuses pour les espèces élevées sur litière. En dindes, poulets et pintades, les bâtiments polyvalents permettent de répondre aux opportunités du marché plus facilement. En termes de planning, ils peuvent également faciliter le travail de l'agriculteur. « Il est possible de changer de production afin d'avoir des vides sanitaires moins longs, et qui dit plus de rotations, dit plus de marges. Il y a donc un réel intérêt économique. » L'avantage est aussi sanitaire. « Tout comme nous pouvons faire des rotations de cultures, nous pouvons faire des rotations de productions en volaille. Ceux qui le font régulièrement observent généralement des performances intéressantes. » Cette méthode permet de limiter les agressions sanitaires entre animaux d'une même espèce et ainsi de faire des économies de traitement. « On parle souvent de la diminution des antibiotiques dans les élevages, et bien là, nous avons un paramètre qui permet de le faire de manière conséquente. »

Aménagements

Un poulailler déjà existant peut facilement être aménagé pour devenir polyvalent. Certains critères doivent tout de même être respectés pour assurer le bien-être des animaux et les performances de productions. «Tout d'abord pour être polyvalents, il faut que les bâtiments soient dynamiques. C'est-à-dire qu'il faut une ventilation avec des ventilateurs et un système de rafraîchissement avec de la brume. Ces critères sont de plus en plus impératifs au vu des températures de ces dernières années », insiste Jean-Yves Falaise. Comme dans tout poulailler, la qualité de la litière est essentielle dans le management de la santé des volailles. « On le voit au travers de la pododermatite qui, comme l'a affirmé l'Europe, est l'expression de la souffrance animale sur la litière.» Pour Jean-Yves Falaise, il est nécessaire d'avoir un substrat sain et confortable. Pour cela, il doit être suffisamment fin. « La paille classique n'est par exemple pas une bonne solution. Il vaut mieux avoir de la farine de paille, de la sciure pour les poulets ou des copeaux pour les dindes. » Le responsable des productions rappelle également qu'il ne faut pas oublier de rajouter de la litière si besoin. Enfin, il faut adapter son matériel d'alimentation et d'hydratation. « Pour un bâtiment de 15 m de large, on estime qu'il faut 4 chaînes d'alimentation et 5 lignes d'abreuvement pour le poulet. » En dinde, les mêmes installations pourront être maintenues en début de cycle. « Au bout de 4 ou 5 semaines, les deux chaînes du milieu pourront être relevées et seules deux lignes de pipettes seront conservées pour avoir une grande zone de litière. » Aujourd'hui, Sanders Ouest encourage vivement les éleveurs qui produisent des volailles sur litière à se munir de bâtiments polyvalents. « Maintenant, les bâtiments que nous construisons sont d'ailleurs tous polyvalents. Pour ce qui est des aménagements, lorsqu'ils sont prévus pour, que les systèmes de ventilation et de brumisation sont déjà mis en place, cela ne revienne pas à très cher. Il faut environ rajouter 10 à 20 EUR par m2 ce qui représente 5 % de la valeur. »

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