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Rencontre
Accords internationaux : Franck Riester se veut rassurant

La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Mayenne ont rencontré Franck Riester, ministre délégué en charge du Commerce extérieur et de l’attractivité, concernant deux dossiers phares : les accords Mercosur et l’accord de zonage pour la fièvre porcine africaine.

C’est dans un timing serré, entre les visites d’entreprises phares du département telles que Bridor, Wilo, la Serap ou Rapido, que Franck Riester a accepté, jeudi 6 mai, la rencontre sollicitée par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Mayenne. « Nous sommes ravis que vous nous ayez sollicités afin de nous rencontrer » annonce Franck Riester dès le début de la rencontre. Et c’est avec un ministre du Commerce extérieur qui se dit « convaincu de la vocation exportatrice de l’agriculture française » que les échanges ont pu démarrer. 

Des garanties vérifiées et vérifiables dans l’accord Mercosur 

Les responsables syndicaux tenaient à interpeller le ministre délégué sur l’importance de garantir le maintien d’un accord mixte concernant le Mercosur. « Le droit de véto de la France dans le cadre de la ratification de l’accord Mercosur doit être maintenu » sollicite Vincent Noël, responsable viande bovine des Jeunes Agriculteurs de la Mayenne. Les accords mixtes tels que le Mercosur nécessitent une approbation à l’unanimité par le Conseil européen. Cependant, la Commission européenne, au vu des difficultés à faire ratifier le Ceta, pourrait proposer de scinder cet accord qui ne nécessiterait plus que les majorités du Conseil et du Parlement et aucune ratification des Parlements nationaux. 

« Et comment doit-on interpréter la position de la France qui assure s’opposer en l’état à cet accord ? », interroge Vincent Noël. « L’État demande des garanties vérifiables et vérifiées », assure le ministre, « les clauses miroirs (clauses qui impliquent aux produits importés de respecter les mêmes normes de production que celles de l’UE ; NDLR) devront être appliquées sur les produits importés. Nous travaillons sur des outils nous permettant de protéger les produits français, que ce soit vis à vis de la déforestation, des normes SPS (sanitaires et phytosanitaires NDLR) comme cela a été fait pour les hormones de croissance. Nous demandons le respect des Accords de Paris avant toute négociation ».
Les responsables syndicaux restent toutefois sceptiques. « Pourquoi parler de volumes si le principe de base n’est pas respecté ? », interroge Yannick Vallée, responsable viande bovine FDSEA. Deux scénarii sont évoqués par la Commission, un premier plus ambitieux et un second conservateur. Le pré-accord qui avait été signé en 2019 se situerait entre les deux avec un volume de 99 000 tonnes. « Nous souhaiterions que les produits alimentaires, qui sont des denrées sensibles, soient sortis du cadre des négociations commerciales », insiste Vincent Noël. 

Une signature imminente pour la production porcine 

Concernant la production porcine, « nous sommes dans l’attente de la signature de l’accord de reconnaissance de zonage avec la Chine si un cas de peste porcine africaine était décelé en France. Or à ce jour rien n’est fait » interpelle Mickaël Guilloux, le secrétaire général de la FDSEA. Le principe est simple, si un cas est découvert dans un département, les zones indemnes peuvent continuer d’exporter des produits issus de viande porcine vers la Chine. « Les modalités techniques sont validées », certifie le ministre. , « l'accord devrait être signé au cours du premier semestre 2021 ». « Il y a urgence, souligne Mickaël Guilloux, la France n’aura pas la capacité de résistance de l’Allemagne si un cas positif venait à être découvert en France et les éleveurs ont réalisé des investissements pour renforcer la biosécurité de leurs élevages ; investissements qui auraient un sens limité si cet accord n’était pas conclu. » 

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