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2020 : l’année des extrêmes

La pluie a atteint des records sur la période hivernale. Maintenant, avec des températures largement au-dessus des moyennes et un temps sec depuis un mois, le déficit hydrique frôle le record de 2011. Avec toutes ces difficultés, on s’attend à des rendements très médiocres en céréales.

Orge à Nuillé-sur-Vicoin, le 2 juin 2020.
Orge à Nuillé-sur-Vicoin, le 2 juin 2020.
© CA53

Un déficit hydrique sévère

Après un hiver très pluvieux, les pluies se sont arrêtées vers le 10 mars. La période sèche a duré jusqu’au 25 avril, conduisant à une diminution rapide de la réserve en eau des sols.
Ensuite, il y a eu de nouveau une courte période pluvieuse, 50 mm du 26/04 au 04/05 à Laval. Cela a fait beaucoup de bien aux cultures, mais pour les blés ou les prairies, ces pluies compensaient juste les besoins du moment, sans reconstituer la réserve du sol. Depuis, le temps est de nouveau sec depuis un mois. S’y ajoutent des températures largement au-dessus de la moyenne (29 °C mardi après-midi) et un vent fort qui augmente l’évapotranspiration.
Au total, fin mai, le déficit hydrique sous un blé est presque du niveau de celui de 2011, de loin le plus important sur les 30 dernières années.

Blé : une fin de cycle difficile

Les céréales ont environ 15 jours d’avance.

• Les blés sont autour du stade « laiteux-pâteux » donc en pleine période de remplissage du grain. Pour les parcelles précoces, cette période s’achèvera dans 10-15 jours, et jusqu’à la fin juin pour les parcelles les plus tardives.
Cette année, avec les conditions d’implantation difficiles et les excès d’eau en hiver, le nombre d’épis/m2 est souvent faible. Le blé peut compenser en partie par un meilleur remplissage du grain et l’augmentation du PMG (poids de mille grains). Malheureusement, les conditions jusqu’au début de cette semaine n’étaient pas du tout favorables. Dans les zones séchantes, le feuillage est parfois entièrement grillé. Le temps sec accentue les problèmes d’enracinements liés aux compactages à l’implantation. Cela augmente aussi l’impact des maladies du pied (piétin-échaudage, piétin-verse).

• Les orges sont déjà au stade grain pâteux, voire pâteux dur. Les récoltes pourraient commencer dans une quinzaine de jours, sauf si les pluies repoussent les chantiers.

• La pression pucerons sur épis reste modérée : certaines parcelles sont touchées, mais la présence est loin d’être généralisée. Rappel du seuil : 1 épi/2 avec au moins 1 puceron. Utiliser un produit contenant du pyrimicarbe, plus efficace sur fortes populations que les pyréthrinoïdes seules.

Maïs : vol précoce de pyrale

L’implantation des maïs s’est faite globalement dans de bonnes conditions, avec quand même des dégâts d’oiseaux, voire ponctuellement des dégâts de sangliers ou des orages. La chaleur a permis un développement rapide. Les semis du 15 avril sont autour de 9-10 feuilles. De la pluie leur ferait du bien, mais pour l’instant la réserve en eau des sols n’est pas encore épuisée (les besoins d’un maïs à un stade jeune, avec encore du sol nu, sont beaucoup moins importants que pour un blé). Même si elle était peu présente en 2019, la pyrale est maintenant un ravageur qui concerne la plus grande partie du département, avec des pertes de rendements, même en maïs ensilage. Cette année 2020, les vols sont particulièrement précoces et ont commencé dans le sud Mayenne. Le pic de vol, qui a souvent lieu fin juin/début juillet devrait avoir lieu plus tôt cette année .

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