Agri53 10 janvier 2019 à 14h00 | Par Vincent Gross

Promotions sur le porc : des prix revus à la hausse

Mercredi 9 janvier 2019, des éleveurs de porcs mayennais se sont rendus à l’Intermarché de Laval, avenue Chanzy, pour vérifier les prix du porc en promotion. Des prix réajustés à la hausse, à la demande de la section porcine de la Fdsea.

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Des erratums ont été placé à différents endroits du magasin pour signaler le changement des prix des promos sur le porc standard dans l’Intermarché de Laval.
Des erratums ont été placé à différents endroits du magasin pour signaler le changement des prix des promos sur le porc standard dans l’Intermarché de Laval. - © VG

C’est assez peu ordinaire pour être remarqué : Intermarché a augmenté ses prix promotionnels du porc de l’ordre de 50 centimes le kg ! Il a fallu la réaction des éleveurs de la Fdsea et de la Fnp pour faire changer la donne. Initialement, et selon le prospectus intitulé « 5O ans Intermarché », valable du 8 au 20 janvier, les morceaux de porc standard français de la marque Jean Rozé, devaient être vendus entre 1,49 €/kg pour l’épaule entière avec os, 1,99 €/kg pour les côtes en barquette de 2 kg et 2,59 €/kg le rôti de longe sans os et sans filet mignon. Des prix qui ont fait bondir les éleveurs. « En janvier, nous avons besoin de cette promotion de début d’année parce qu’il nous faut dégager du cochon, car fin décembre, le consommateur mange peu de porc », rappelle Mickaël Guilloux, secrétaire général de la Fnp. Pas de promos, ce serait « catastrophique pour les éleveurs ». Donc, des promos, certes, « mais pas à ces prix-là ». Des prix qui ont d’ailleurs étonné le directeur du magasin, Étienne Jouzel. Interpellé par la Fnp, il a mis en place un erratum qui annonce des prix augmentés de 40 ct/kg pour l’épaule, de 50 ct/kg pour les côtes et de 70 ct/kg pour le rôti. Des prix qui restent tout de même promotionnels !
« L’objectif des Ega est de mettre moins de tension promos sur les produits alimentaires et de la déporter sur les produits d’hygiène »,
explique Étienne Jouzel, montrant, en tête de gondole, des tondeuses barbes et cheveux à -70 %. « Pour que les consommateurs achètent du cochon, il faut qu’on les fasse venir, sauf que la pression promotionnelle doit basculer de l’alimentaire à des produits d’hygiène, de non alimentaire. » Le changement c’est donc maintenant, au moins il est en cours : « Nous avons encore des promos sur des prospectus signés avant le 13 décembre, date de signature des ordonnances Ega, reprend Étienne Jouzel, mais, début février, il n’y aura plus un produit alimentaire à 34 % de remise. »
Concernant précisément le porc, « toutes les Gms vont être en recherche d’équilibre. Nos équipes sont en train de plancher sur ce sujet. Alors la solution est peut-être de conserver les promos de janvier et septembre, car les éleveurs en ont besoin, mais avec des prix moins bas qu’auparavant et moins augmenter les fonds de rayon ».
« On voit, avec cet exemple, que le syndicalisme arrive à construire des choses, notamment sur les promotions »,
reprend Mickaël Guilloux. « On est là pour veiller à ce que les accords Ega soient bien respectés. On le voit avec Intermarché qui avait décidé de faire une promotion très agressive en ce début d’année avec des prix en totale déconnexion par rapport au coût réel. Intermarché a rattrapé le coup avec un erratum dans les magasins, mais sans le syndicalisme, on était reparti avec encore des prix très bas pendant un an et peut-être pour plusieurs années, car je pense que d’autres enseignes auraient été obligées d’adapter la même stratégie. »

Alignement à la hausse

Du coup Intermarché s’est aligné à la hausse sur les prix de son concurrent E.Leclerc…, « tout en ayant des prix promotionnels qui restent attractifs pour le consommateur, autour de 2,50 €/kg », précise l’éleveur mayennais qui rappelle que les producteurs ont « besoin qu’au cours de l’année, les prix fonds de rayon soient plus bas qu’actuellement pour que l’on ait une consommation sans doute plus régulière avec moins de pics sur le marché antérieur. On ne peut pas concevoir ce qui était fait avant, c’est-à-dire 50 % de notre production vendue en frais avec des rabais allant jusqu’à 80 %. »
Une situation de dialogue positif s’est instaurée avec Intermarché, et, ajoute Mickaël Guilloux, « on arrive en Mayenne à dialoguer avec l’ensemble des enseignes. Même avec Leclerc qui, au départ, ne voulait pas faire de promos sur le porc ».
Quant au consommateur, prospectus en main, et malgré l’augmentation du prix, il semblait bien répondre aux promos sur le porc. « Nous referons un point d’ici une quinzaine de jours », a conclu Étienne Jouzel, invitant les éleveurs à revenir vers lui.

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