06 septembre 2018 à 13h00 | Par Vincent Gross

Loi post-Egalim : un an pour rien

Lundi, Stéphane Travert s'est rendu en Mayenne. D'abord à la fromagerie Vaubernier, puis chez un éleveur de Rouge des Prés où il a pu échanger, à l'initiative de la Fdsea et des JA, sur des thématiques précises concernant le devenir de l'agriculture. Les messages sont passés, les agriculteurs attendent des actes alors que la loi sur les Ega est dans sa dernière ligne droite.

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Stéphane Travert en visite chez Sylvain Rousselet à Ruillé-Froid-Fronds
Stéphane Travert en visite chez Sylvain Rousselet à Ruillé-Froid-Fronds - © PCG

Première étape de la visite de Stéphane Travert, la Fromagerie Vaubernier, à Martigné-sur-Mayenne. Accueilli par la présidente, Catherine Drezen, le ministre a pu visiter l'usine qui emploie 140 salariés, achète son lait auprès de 214 points de collecte, avec ses propres laitiers. Un volume annuel de l'ordre de 100 millions de litres de lait qui servent à fabriquer, beurre et formages sous la marque Bons Mayennais. À l'issue de la visite, Stéphane Travert a fait le parallèle entre le fonctionnement de la fromagerie et « ce que nous sommes en train de mettre en place avec les Ega. C'est ici la preuve que les industries agroalimentaires, les entreprises de l'agroalimentaire peuvent aussi tirer vers le haut les agriculteurs, leurs productions et la qualité de leurs productions ». Cette visite a également été l'occasion d'échanges à huis clos avec les représentants des syndicats Fdsea, JA, Coordination rurale et Confédération paysanne. Des échanges au cours desquels les représentants des syndicats majoritaires ont mis l'accent sur la nécessité de mettre en place dans la loi post-Ega « les indicateurs de coûts de production » nécessaire pour garantir un revenu et une perspective aux producteurs.

 

Cap sur Ruillé

 

À Ruillé-Froid-Fonds, le ministre et ses conseillers ont été reçus par Sylvain Rousselet, éleveur de Rouges des Prés, dans son exploitation. L'occasion d'une visite in situ pour le ministre qui lui a permis, selon ses propos de « rencontrer des acteurs de terrain, des gens qui façonnent le territoire, qui créent de l'aménagement du territoire, qui créent de l'emploi, qui font de la formation ». Également président d'Ecla 53, association d'éleveurs de bovins viande mayennais, Sylvain Rousselet, accompagné de Yannick Vallée, président d'Elroc 53, et de Élisabeth Vitton, présidente de la Légumerie 53, a présenté le projet qui vise à alimenter, en viande locale de qualité, la restauration hors domicile et les Gms. « Nous sommes partis de nos coûts de production », a indiqué Sylvain Rousselet, rappelant « le rapprochement réalisé avec la Légumerie 53 pour la logistique ». À l'écoute, le ministre connaissait déjà le projet pour l'avoir primé au dernier Salon de l'Agriculture.

Des ateliers thématiques ont été ensuite organisés, permettant à Stéphane Travert d'entendre les doléances de producteurs, presque en face à face sur des points spécifiques.

« La loi Egalim n’aura servi à rien »

Pour le président de la Fdsea, Philippe Jéhan, deux sujets principaux ont joué le fil conducteur de cette rencontre avec Stéphane Travert : « celui des indicateurs de coûts de production et celui de l’étiquetage de nos produits, notamment des produits transformés ». Pour lui et afin « que les États généraux de l’Alimentation aillent au bout, avec les deux amendements proposés par la Fnsea, il est indispensable que nos prix tiennent compte des coûts de production ». C’était l’objet de la réunion de lundi avec le ministre de l’Agriculture et ses conseillers. Mais c’était lundi…

Or, depuis, les documents préparatifs de la deuxième lecture de la loi post-Ega pour l’Assemblée nationale montrent que tout le travail amont « n’aura servi à rien », s’insurge Philippe Jéhan. « Il n’y a rien dans le texte concernant l’étiquetage de nos produits. On ne parle que de vin ou de miel. Rien sur l’élevage. Aucune mention concernant la provenance des productions. On veut donc continuer à tromper les consommateurs ».

Deuxième point également très inquiétant, et qui va à l’inverse des propos rassurant tenus par Stéphane Travert en Mayenne, « les industriels auraient la possibilité d’avoir recours à d’autres indicateurs que ceux déterminés par l’interprofession ». En d’autres termes, l’idée émise lors des Ega visant à donner aux interprofessions la détermination d’indicateurs de coûts de production pour assurer un revenu aux agriculteurs serait remise en question par ce nouveau texte. Alors quel recours ? Il restera le passage au Sénat, « entre le 25 et le 26 septembre » pour tenter de renverser la table…

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