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Une exploitation, deux centrales photovoltaïques

Mardi 5 novembre, la société InnoWatt organisait une porte ouverte dans l’exploitation de Sylvain Leplé, à Vimarcé. L’éleveur de lait et de viande bovine a fait installer deux unités de production d’électricité via des panneaux photovoltaïques.

Les onduleurs sont dans un local annexé au hangar et éloigné des animaux.
Les onduleurs sont dans un local annexé au hangar et éloigné des animaux.
© VG

« Depuis que je me suis installé en mars 1996, j’ai construit 6 000 m2 de bâtiments. » Sylvain Leplé a repris l’exploitation de ses parents, au lieu-dit L’Écottière à Vimarcé. Une production laitière avec 80 VL et un atelier de 60 allaitantes. « Nos bêtes sont dehors 8 mois sur 12 », précise Sylvain Leplé. Actuellement, toutes rentrées et sur paille. Les allaitantes dans un bâtiment récent, très luminueux.  Au bout de ce bâtiment, un nouvel édifice a été monté : un hangar de stockage paille et matériel, avec une centrale solaire de 318 kWc posée sur la toiture en bac acier 75/100e et quasiment orientée plein sud. « C’est de la vente totale », indique Christophe Rivière de InnoWatt, concepteur et installateur de cette source d’énergie. « Deux investisseurs étaient venus me voir, se remémore Sylvain. Après réflexion, je me suis dit que la meilleure solution était d’investir directement.» La centrale devant lui permettre de financer pour partie le nouvel hangar et d’apporter un revenu complémentaire.

Plusieurs visites de sites faites, il s’est lancé avec ce projet. Un appel d’offres CRE est lancé en avril 2017. InnoWatt y répond et gagne le marché. Le hangar, installation de production électrique comprise, est opérationnel depuis le printemps dernier. « En 7 mois de fonctionnement, la production dépasse ce que nous avions calculé pour la première année », se satisfait Sébastien Landais, gérant d’InnoWatt. Une réussite qui tient à la météo estivale, à l’absence de références dans ce secteur de la Mayenne, et aussi à la qualité des matériaux utilisés. « Nous ne posons plus que des panneaux LG pour leur qualité et leur fiabilité », poursuit Sébastien. Ici, ce sont 950 panneaux LG Neon2 de 335 WC, soit 1820 m2 de surface de champ solaire.

Pour les onduleurs et les optimiseurs de puissance, InnoWatt fait confiance à Solaredge (9 onduleurs type SE 27.6 K et 475 optimiseurs P700). Mais le photovoltaïque, pour Sylvain Leplé, c’est aussi l’auto-consommation avec, sur un bâtiment de stockage de matériel, une installation de 120 panneaux Solarworld de 300 Wc lui permettant une puissance crête totale de 36 000 Wc. « C’est pour l’autoconsommation », dit-il. Cela dit, en l’état actuel de sa consommation électrique, les 2/3 de cette production sont renvoyés dans le réseau, comme surplus.

L’autoconsommation photovoltaïque : un levier pour les d’économies d’énergies

L’autoconsommation photovoltaïque, c’est réduire sa facture d’électricité, c’est à bien nuancer avec la vente totale de l’énergie, ce n’est donc pas une source de revenus supplémentaire. Pourtant c’est aujourd’hui l’une des meilleures valorisations de l’énergie photovoltaïque compte tenu du prix de l’électricité qui ne cesse d’augmenter.

L’idée d’autonomie énergétique est séduisante, être indépendant vis-à-vis de son fournisseur d’électricité est très intéressant. Cependant tous les systèmes de productions agricoles ne sont pas concernés de la même façon. Quand bien même je consomme énormément d’électricité, ce seul argument n’est pas l’unique condition pour pouvoir autoconsommer l’énergie que je produis sur place. En effet, pour autoconsommer, il faut regarder : vos courbes de charges, c’est-à-dire comment je consomme mon électricité dans la journée et de quel type est mon contrat de fourniture d’électricité.

Comment savoir si je peux faire de l’autoconsommation photovoltaïque ? Certaines exploitations agricoles sont plus propices à l’autoconsommation photovoltaïque que d’autres. Les exploitations laitières robotisées avec atelier de transformation, porcines, ou encore volailles reproductrices sont de nature, plus compatibles avec l’autoconsommation. Compte tenu des consommations électriques très importantes de ces exploitations, les projets sont rapidement rentabilisés.

Pour autant il ne faut pas oublier les autres filières, au contraire. Tout projet d’autoconsommation photovoltaïque peut se coupler avec de la revente sur le réseau. Un projet d’autoconsommation réussi est un projet qui s’est doté d’une analyse fine des consommations électriques et d’un dimensionnement adapté aux futures transformations de l’exploitation. Généralement, un projet d’autoconsommation va avec une transformation des habitudes de consommations électriques, cela permet de rentabiliser encore plus la centrale.

Les autres filières ne sont pas à oublier, mais il faudra envisager la revente partielle sur le réseau, ou peut-être intégrer des systèmes de stockage.

Ainsi la réussite d’un projet autoconsommation réside dans une bonne analyse de vos consommations, un bon dimensionnement de votre installation et une analyse économique fine.

De manière générale l’autoconsommation photovoltaïque permettra de réduire jusqu’à 30 % en moyenne de votre facture d’électricité. Il est difficile de dépasser ce seuil, car il reste toujours les consommations de nuit qui sont impossibles à couvrir. Aussi, la saison déterminera votre production photovoltaïque et donc l’énergie disponible directement pour votre exploitation, c’est-à-dire moins d’énergie en hiver et plus en été. Aussi l’analyse économique est importante, car l’équilibre financier du projet est bien lié à une économie d’énergie et non la génération d’un chiffre.

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