Agri53 30 novembre 2019 à 09h00 | Par Aurélien Tenèze

« Un prix de base moyen du lait qui se scinde en deux groupes »

Frédéric Vincent, président de la fédération départementale laitière du Maine-et-Loire, commente les annonces de prix du lait faites par les entreprises collectant dans son département pour 2019.

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- © Anjou Agricole

Le prix du lait est en constante amélioration depuis le début d’année 2019, les EGA peuvent-ils s’en attribuer le mérite ?

Frédéric Vincent : Les hausses constatées sur le prix de base du lait sont à mon sens autant en lien avec la conjoncture qu’avec les EGA. Les marchés se portent bien, les productions mondiales, européennes et françaises sont plutôt stables, les échanges sont plutôt dynamiques et il n’y a plus de stocks de poudre de lait… tous ces éléments agissent de façon positive sur le prix du lait. Il est normal que les éleveurs laitiers en voient les effets. Pour ce qui est des EGA, nous n’avons pas obtenu la transparence espérée de la part des transformateurs. Les mécaniques de construction du prix du lait sont parfois encore floues chez certaines entreprises privées comme coopératives, et les hausses obtenues auprès de la distribution ne sont pas connues avec exactitude. Il reste encore beaucoup de travail à faire avec l’ouverture des négociations commerciales 2019/2 020, ce n’est pas maintenant qu’il faut s’arrêter.

Mais alors aucune laiterie ne sera qualifiée de bon élève cette année ?

F. V. : Si, nous pouvons tout de même noter que certaines laiteries avec leur OP ont tiré le prix vers le haut. Savencia par exemple, en plus d’être parmi les mieux-disants sur 2019, a payé le lait plus cher d’environ 20 €/1 000 L en moyenne cette année par rapport à 2018, ce qui est l’une des plus fortes progressions de prix enregistrées. C’est un bel exemple de négociation réalisée par l’OP Sunlait, qui on l’espère perdurera et en entraînera d’autres derrière lui. À noter, une forte progression du prix chez Terra Lacta, mais qui a aujourd’hui un prix du lait intimement lié à Savencia. LSDH et Bel restent parmi les bons élèves en termes de niveau de prix. En dernier lieu, nous pouvons citer les coopératives Sodiaal, Agrial et Laïta qui, même si elles ont fait progresser le prix entre 2018 et 2019, restent en queue de peloton sur le prix payé aux producteurs. Quant à Lactalis, malgré sa position de leader, l’entreprise continue à jouer en bas de tableau. Je tiens à féliciter l’ensemble des OP pour tout le travail réalisé et à les encourager à ne rien lâcher, même si le résultat obtenu n’est pas toujours à la hauteur de leurs espérances.

Quelles sont les premières conclusions de cette année 2019 ?

F. V. : Nous allons aboutir pour l’année 2019 à un prix de base moyen qui se scinde en deux groupes. Un groupe d’entreprises qui se situera entre 330 et 335 €/1 000 L et un groupe entre 345 et 350 €/1 000 litres. Globalement, les prix sont en progression par rapport à l’année dernière, mais il reste beaucoup à faire pour que les éleveurs bénéficient d’un partage équitable de la valeur des produits laitiers. On salue les entreprises qui ont affiché un niveau de prix au-dessus de la moyenne et on encourage les autres à se mouiller un peu plus. Surtout que ce ne sont pas les plus petites entreprises qui sont en bas de classement. Tout l’arsenal législatif de la loi Egalim est désormais actif, pour les négociations commerciales qui débutent, il n’y a plus d’excuses audibles. À chacun de prendre ses responsabilités.

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