Agri53 02 janvier 2020 à 08h00 | Par Lena Guillaume

Thomas Jacob remet les bovins sur pattes

Thomas Jacob est ostéopathe animalier depuis environ trois ans à Ernée. Cette médecine douce se répand de plus en plus. Elle permet de compléter la médecine allopathique en limitant l’usage des médicaments.

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Thomas Jacob, vétérinaire ostéopathe.
Thomas Jacob, vétérinaire ostéopathe. - © LG - Agri53

Assis sur la paille de la stabulation, attentif au moindre mouvement, à la moindre réaction corporelle, Thomas Jacob, ostéopathe, soigne une génisse couchée. À l’aide de mouvements amples et de petites pressions, il retire les tensions du corps de l’animal. « J’essaie de repérer les dysfonctionnements et de les traiter un à un pour voir les effets que cela a. Je travaille sur la matière, l’énergie et les informations du corps. Mon objectif est de chercher, trouver, lever les lésions et ainsi favoriser l’autoguérison », indique le praticien.

Les yeux mis clos, le bovin ne bronche pas. « En général, ils sont un peu agités au début, mais quand ils voient qu’on leur fait du bien, ils se calment. Certains vont même jusqu’à nous montrer où ils ont mal. C’est particulièrement impressionnant chez les veaux. »

Depuis environ trois ans, Thomas Jacob pratique l’ostéopathie sur les bovins, les équins et les petits animaux à la clinique vétérinaire de la Hainaud à Ernée. « C’est un choix de la clinique. Elle souhaitait répondre à une demande des agriculteurs. » Pendant deux ans et demi, trois ans le jeune homme a suivi une formation à Melun. « Cela me permet d’avoir la double casquette. Si je ne peux pas agir en tant qu’ostéopathe, je peux quand même soigner grâce à la médecine allopathique. »

Une habitude à prendre

Si l’ostéopathie est une pratique de plus en plus répandue, les éleveurs n’ont pas encore tout à fait les bonnes habitudes. Pour être efficace, cette méthode doit être rapidement appliquée sur les animaux souffrant de douleurs. « Avec les bovins, tant que la vache est encore debout on peut plus facilement la soigner, mais lorsqu’elle est couchée c’est plus compliqué. Il y a des lésions plus importantes qu’il est difficile de guérir en une seule séance. Heureusement, on m’appelle de plus en plus tôt. »

Pour prendre en charge les bovins au plus vite, il est nécessaire d’être attentif à certains symptômes. « Une vache qui a du mal à se relever, marche plus lentement, boite a été fragilisée par une mammite, un vêlage ou une glissade risquent de se coucher et ne plus réussir à se relever. »

Autre problème, les éleveurs n’ont pas conscience de toutes les pathologies qu’un ostéopathe peut prendre en charge. « On m’appelle souvent en curatif pour des problèmes de vaches couchées. Ce n’est pas là que l’on a les meilleurs résultats. Si elles n’ont aucune maladie à côté, pas de casse, on en relève en moyenne une sur trois. »

Soigner un grand nombre de pathologies

Pourtant, les ostéopathes peuvent agir davantage en préventif et sur de nombreuses pathologies. Pour les veaux, il est possible de soigner des animaux ataxiques ou qui ont du mal à téter. « Cela vient souvent d’un blocage au niveau des cervicales ou du crâne. »

Les vaches peuvent être traitées pour des complications de vêlage, des difficultés à être en chaleur, des problèmes hormonaux ou lorsqu’elle ne donne pas de lait en début de lactation. « Pour ça, on a tendance à les piquer, mais cela peut être dû à des douleurs au niveau de l’utérus. » Thomas Jacob peut aussi consulter des taureaux avant leur mise en reproduction. « C’est comme des sportifs. Il faut les remettre à zéro pour la saison. »

Éviter les risques

Le praticien n’arrive cependant pas toujours à soigner les animaux. C’est le cas lorsque ceux-ci sont trop faibles, que les lésions sont trop importantes ou que cela sort des limites anatomiques. « S’ils sont affamés, assoiffés ou qu’ils n’ont pas suffisamment d’énergies les risques sont trop importants. Il faut aussi éviter l’ostéopathie en cas de tumeur. »

Grâce à cette méthode, le vétérinaire peut tout de même récupérer des animaux qu’il ne pourrait pas traiter de façon traditionnelle. « Pour moi, il ne s’agit pas d’une médecine alternative, mais bien d’une médecine complémentaire. »

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