Agri53 26 mars 2020 à 09h00 | Par Stéphanie Guibert - Chambre d'agriculture 53 - Pôle Prairies régional

Récolter des prairies de qualité en première coupe

Après un automne et un hiver doux et pluvieux qui ont favorisé la croissance de l'herbe, les prairies sont bien développées en ce début de printemps. Quand et comment récolter les 1res coupes de prairies et les dérobées en ensilage ou enrubannage pour obtenir un fourrage de bonne qualité ?

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Photo d'illustration. (© Réseau des Chambres d'agriculture) Graphique : Évolution des valeurs alimentaires en vert au cours du 1er cycle (INRA 2007) © Inra Tableau : Coût des différents modes de récolte. © Rerel

Que l'on fasse de l'ensilage, de l'enrubannage ou du foin, c'est d'abord le stade de récolte qui influence la valeur alimentaire. Si on veut de la qualité, il faut récolter les plantes à un stade jeune. Au cours du 1er cycle, celle-ci est directement déterminée par le stade de la graminée ou de la légumineuse. En prairie d'association, c'est en général le stade de la graminée qui sera d'abord déterminant. Les valeurs UFL et PDI sont maximales au début de la croissance des graminées, puis diminuent jusqu'à l'apparition des premiers épis, puis de façon plus rapide par la suite (lire le graphique).

Le rendement évolue en sens inverse de la qualité au cours du temps. Le choix de la date de récolte est donc un compromis entre ces deux critères, à adapter aussi selon les animaux auxquels le fourrage est destiné. Pour une vache laitière « standard » ayant des besoins de 0,90 à 0,95 UFL et de 95 à 100 g de PDI/kg ingéré, la qualité de l'herbe fauchée entrant dans ces rations se doit d'être suffisamment élevée pour éviter ou limiter une complémentation coûteuse. A contrario, ces mêmes besoins sont de 0,65 à 0,70 UFL et de 60 à 70 g de PDI/kg ingéré pour une génisse en croissance. Dans ce cas, il peut être tout aussi coûteux de leur attribuer un fourrage de trop bonne qualité qui serait alors mal valorisé.

Pour un ensilage ou enrubannage précoce de qualité, il faut viser une récolte :
- avant le stade début épiaison (10 % des épis visibles) pour les graminées,
- au stade début bourgeonnement pour les légumineuses.
Les récoltes plus tardives seront plus volumineuses au détriment de la qualité.

Le circuit de pâturage

Les conditions de pâturage sont plus favorables depuis la mi-mars, néanmoins, l'herbe a souvent pris de l'avance sur les animaux. Une première exploitation en fauche précoce de certaines parcelles du circuit de pâturage pourra être nécessaire pour faciliter l'exploitation et préserver la qualité de ces parcelles. Ces fauches pourront être simultanées à un chantier d'ensilage de dérobées par exemple ou s'envisager en enrubannage. Pour ces parcelles du circuit de pâturage, il faut prioriser le créneau climatique et ne pas attendre que le volume, l'objectif est qu'elles reviennent ensuite rapidement dans le circuit.

Le déprimage des parcelles de foin encore possible ?

Lorsque la première coupe est prévue en foin, un déprimage des parcelles courant mars permet une meilleure qualité des foins à date de fauche équivalente. En système allaitant ou génisses laitières, cela permet également d'engager la mise à l'herbe de certains lots lorsque le stock sur pied n'est pas encore suffisant sur le circuit principal de pâturage. Cette année, avec des températures douces, les espèces précoces comme les fétuques, dactyles, RGA précoces et intermédiaires vont démarrer leur montaison dès le 25 mars. Passés les 1ers jours d'avril, le pâturage de ces espèces précoces ne sera plus un déprimage, mais un étêtage (coupe de l'épi) et limitera le rendement de la coupe de foin.

L'enrubannage une bonne alternative au foin comme à l'ensilage

Certes souvent plus coûteux que les deux autres modes de récolte (lire le tableau), l'enrubannage présente certains avantages. Ce mode de récolte est très complémentaire d'un système pâturant en permettant la récolte d'excédents en petits chantiers. Il est également facile avec l'enrubannage de distinguer les lots de fourrage de qualité différente.

Il permet de sécuriser la récolte par rapport à un foin, de rechercher une meilleure qualité en intervenant plus tôt sans attendre le créneau climatique nécessaire au séchage du foin.

En enrubannage, on cherche 55 % MS minimum homogène dans la balle. Cette teneur en matière sèche est un gage de sécurité sanitaire et de stabilité de la valeur alimentaire du fourrage. Utiliser un film de qualité, 4 ou 8 couches seront nécessaires selon le type de fourrage et sa durée de conservation. Éviter au maximum les manipulations des balles enrubannées (risques de déchirures). Attention également aux oiseaux et rongeurs (éviter la proximité du stockage avec une haie ou de la paille).

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