Agri53 09 avril 2020 à 11h00 | Par Alexandra Foussard

« Que le consommateur se rassure, la production est là »

Entre la fermeture des restaurants et des marchés durant une période, mais aussi de certains marchés d’export, toute la filière avicole est en danger.

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Jean-Yves Guérot,  responsable du comité de pilotage avicole de la Chambre d’agriculture de la Mayenne, vice-président de la section avicole de la Fdsea de la Mayenne et membre du bureau de la Confédération française avicole.
Jean-Yves Guérot, responsable du comité de pilotage avicole de la Chambre d’agriculture de la Mayenne, vice-président de la section avicole de la Fdsea de la Mayenne et membre du bureau de la Confédération française avicole. - © Agri53

Les productions de poulet pour la restauration rapide, de canard (gras ou maigre), de pintade, de caille, de poulet de Bresse, de pigeon, pâtissent d’un très fort ralentissement des achats. De même les œufs destinés à la fabrication d’ovoproduits pour la restauration hors domicile n’ont plus de débouchés. Le point avec Jean-Yves Guérot, responsable du comité de pilotage avicole de la Chambre d’agriculture de la Mayenne, vice-président de la section avicole de la Fdsea de la Mayenne et membre du bureau de la Confédération française avicole.

La filière canard en crise

« Les difficultés en filière volailles ne sont pas régulières suivant les productions. Les filières les plus touchées sont le pigeon, la caille, la pintade et le canard à rôtir et le canard gras. On constate une crise qui n’a jamais été vue dans le canard actuellement. En poulets et dindes, c’est assez hétérogène suivant les sites d’abattage. Pour les outils qui travaillent avec les grandes surfaces, par exemple à Snv à Laval, la baisse d’activité n’est que de 10 %. En revanche, les abattoirs qui travaillent plus avec la restauration collective prennent cher. Des outils de transformation sont arrêtés au niveau de Ldc» explique Jean-Yves Guérot.

Allongement des vides sanitaires

Ces difficultés au niveau des outils d’abattage entraînent un allongement des vides sanitaires, toutes filières confondues : « cela entraîne dans notre département, une légère baisse des mises en place en poulets qui vont entraîner des vides sanitaires plus importants, autant en label qu’en standard » précise Jean-Yves Guérot. Il ajoute : « l’acte d’achat du consommateur est très difficile à cerner actuellement. Ce qui était vrai avant la crise ne l’est plus aujourd’hui. Pour les outils de transformation, l’alimentation du marché est donc complexe vu qu’ils ne connaissent pas l’issue. Le début du confinement a déclenché des achats compulsifs avec plus de 50 % des achats habituels, dont de nombreux produits surgelés. On devrait revenir à une consommation plus linéaire sur les semaines à venir. Une majorité de références sont bien présentes. Les gens voient que la pénurie n’est pas au bout du rayon ».

La production est assurée

Concernant la production avicole, il précise : « que le consommateur se rassure, la production est là. Les producteurs sont fiers de faire un métier qu’ils aiment et de nourrir la population française en cette période morose de crise importante et grave. Par contre, ces mêmes producteurs souhaiteraient que ça continue et qu’à l’issue de cette crise on continue à avoir besoin des producteurs français. Pour la vente directe, pour ceux qui travaillent uniquement en vente à la ferme, ils sont à jour de leur vente, voire même ont parfois des manques de produits. Pour les autres, l’écoulement de la production a été marqué par la fermeture, pendant un temps des marchés. Ils sont plus à la peine. Il y a des gens qui sont en souffrance. C’est loin d’être l’euphorie ».

Manques d’œufs dans les Gms

« On manque d’œufs partout. Pourtant, il y a de gros problèmes pour les casseries d’œufs, car toute la fabrication d’ovoproduits a diminué de 80 à 90 %, n’alimentant plus la restauration hors domicile. Par contre, pour les œufs coquille, tout part. Y compris les œufs très décriés qui sont les œufs de poules en cage. La demande est telle que toute la production est vendue et les supermarchés ont de la peine à s’approvisionner », explique Jean-Yves Guérot, rappelant que « les œufs en cage ne sont pas différents des œufs labels ou bio. Actuellement, le consommateur ne fait pas la différence, parce qu’il en a besoin, il ne faudra pas l’oublier une fois la crise terminée ».

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