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Maïs fourrager : la quantité et la qualité pourraient manquer

Les premiers relevés de matière sèche dans les maïs ont eu lieu mercredi à Renazé puis à Gennes-sur-Glaize par l’équipe de Seenovia. De quoi indiquer les dates d’ensilage qui, a priori, seront moins avancées que l’année dernière.

Les premiers relevés de taux de MS en Mayenne ont eu lieu, avec Seenovia, mercredi 21 août, à la Cuma de Renazé.
Les premiers relevés de taux de MS en Mayenne ont eu lieu, avec Seenovia, mercredi 21 août, à la Cuma de Renazé.
© VG

 

 

 

Les quelque 50 mm de pluie, tombés depuis le début du mois d’août, ont amélioré une situation que bon nombre d’exploitants envisageaient comme catastrophique. Car, autant, en 2018, on atteignait des valeurs de MS dans le maïs au-delà de 28, le 13 août à Ambrières (relire Agri53 n° 131 du 17/08/2018), cette année, la première salve d’analyses par Seenovia, à Renazé, le 21 août, annonçait des valeurs comprises entre 26 et 28. Soit pour des ensilages autour des tout premiers jours de septembre. « Les maïs semés fin avril ou début mai ont eu du mal à démarrer : ils ont eu froid en début de croissance », analyse Emmanuel Lepage, nutritionniste chez Seenovia. « Mais chez les derniers semés, la croissance a été plus rapide et les poupées sont de belle longueur », constate-t-il, rappelant que le grain constitue « 50 à 55 % du rendement ». Parmi les résultats, celui du Gaec de la Joliserie à Renazé, avec un taux de MS à 28 pour un maïs de 98 jours et un ensilage à prévoir entre le 26 août si les températures repassent à la hausse, et au 30 de ce mois dans des conditions climatiques normales d’une fin de mois d’août. Car si le taux optimal d’ensilage est de 33, c’est bien la somme des températures qui est déterminante : « un indice bas a besoin de 1 300 °C cumulés, un indice élevé environ 1 500 °C », rappelle le technicien Seenovia. On est donc moins dans la précipitation pour les chantiers d’ensilage que l’année dernière. « L’épisode de canicule a été de courte durée, contrairement à l’année dernière et, à la même date, on a plus de 100 h d’ensoleillement en moins », ajoute Emmanuel Lepage. Aussi, aux pluies de la fin de semaine dernière, se sont ajoutées la fraîcheur matinale qui facilite la rosée, donc de l’apport en eau, et la réduction de la durée du jour. Bref, on ne sentait pas un caractère d’urgence à organiser les chantiers d’ensilages. Et ces résultats ne sont que des indicateurs. « On a tendance à apporter les plus belles poupées », glisse, sourire aux lèvres, un éleveur. Ses deux échantillons ressortent des analyses avec des taux de MS de 29 et 26. Mais il relativise : « j’ai tout semé le 1er août, en mélangeant les 4 variétés. Pour être précis, il aurait fallu que je note les variétés que j’ai apportées. En même temps, temporise-t-il, cela me donne une idée. »

Deuxième étape : Gennes-sur-Glaize

Au début de l’après-midi, les agriculteurs se succèdent pour broyer leur maïs, les échantillons sont encore bien verts, « Par rapport à l’année dernière on est en retard contrairement à ce qu’on pourrait penser. Dans le sud Mayenne ils devraient ensiler la première ou deuxième semaine de septembre », constate Emmanuel Lepage.

« Pour moi ça sera à la rentrée scolaire, comme d’habitude, mes échantillons sont à 25 », lance joyeusement un éleveur laitier de Grez-en-Bouère. Un éleveur de Bierné est, quant à lui, autour de 28. « Je vais voir en fonction des prochains jours. Il parait qu’il va de nouveau y avoir de la chaleur ce week-end, ça pourrait arriver vite, on gagne déjà deux à trois points par semaine », explique-t-il. « Je vais commencer mardi prochain. Ma parcelle est autour de 29 », annonce un éleveur de Château-Gontier.

« Il faut que les éleveurs fassent le bilan de leurs stocks et soient méticuleux avec leur fourrage. Il y en aura possiblement moins donc il faut faire très attention. Ils doivent anticiper et prévoir de compenser en achetant du maïs ou un co-produit par ce qu’on peut penser que les grains seront de moins bonne qualité. On en aura le cœur net après les premières analyses dès que l’ensilage débutera », conclut le nutritionniste.

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