Agri53 22 août 2019 à 13h00 | Par Vincent Gross

Les prémices d’un dossier calamité « sécheresse »

Le 9 août, une délégation d’agriculteurs accompagnait les services de l’État dans six communes du département. Objectif : estimer l’état des maïs fourragers pour un éventuel classement en calamité sécheresse.

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Les parcelles ont été passées au peigne fin. Chacun, sur une même distance, a compté les poupées viables. Résultats : « entre 20 et 25 sur 80 étaient de bonne taille et bien parties pour contenir suffisamment de grains », relate Olivier Duhamel. « On a vu beaucoup d’avortons de poupées qui ne donneront rien », a constaté Stéphane Dalifard.
Les parcelles ont été passées au peigne fin. Chacun, sur une même distance, a compté les poupées viables. Résultats : « entre 20 et 25 sur 80 étaient de bonne taille et bien parties pour contenir suffisamment de grains », relate Olivier Duhamel. « On a vu beaucoup d’avortons de poupées qui ne donneront rien », a constaté Stéphane Dalifard. - © O.D.

« Nous sommes allés voir des parcelles dans six communes, vendredi 9 août 2019, à Ballots, Chemazé, Saint-Denis d’Anjou, Assé-le-Béranger, Saint-Fraimbault-de-Prières et Saint-Cyr-en-Pail », raconte Olivier Duhamel, responsable de la section « Grandes Cultures » à la Fdsea de la Mayenne. Accompagnée d’agents de la Ddt et d’un expert de l’Orne et d’un expert en assurances, la délégation syndicale à laquelle participaient également Claude Charon et Stéphane Dalifard, avait la volonté de montrer que les conditions climatiques du printemps et de l’été ont rendu extrêmement difficile la croissance des maïs, ce, quel que soit l’endroit dans le département. « À Ballots, nous avons estimé le rendement entre 4 et 5 tonnes de matière sèche, avec un maïs vraiment pas beau. Il a été semé fin avril – début mai. » Idem à Assé-le-Béranger ou encore à Saint-Denis d’Anjou avec des rendements estimés entre 3 et 5 tonnes par hectare. Une sécheresse à laquelle, pour la parcelle de Saint-Denis d’Anjou, s’est ajoutée « les attaques des corbeaux ». La situation paraissait légèrement meilleure dans le Nord de la Mayenne, avec des rendements entre 5 et 6 t/ha pour les maïs visités à Saint-Fraimbault et Saint-Cyr-en-Pail. « Les précipitations attendues vont faire augmenter les rendements, mais atteindre les 10 t/ha va être très difficile », analysait Olivier Duhamel quelques jours après cette visite du 9 août. C’est surtout l’état des grains qui inquiétait le céréalier, rappelant que « 50 à 55 % du rendement viennent du grain ».

Attention aux dérobés

Pour Olivier Duhamel, la date de destruction des dérobées avant maïs peut limiter la casse pour les années à venir. « Il faut enlever les dérobées de très bonne heure, très tôt dans la saison afin qu’elles n’absorbent pas toute l’humidité du sol dont les maïs auront besoin en début de pousse. » Autre solution : le maïs sous bâche. « J’en fais, c’est une sécurité. Et si c’est un surcoût, le développement racinaire des maïs est assuré par l’humidité venant de la condensation sous la bâche. »

Un premier pas

Cette journée de terrain est « un premier pas dans le montage d’un dossier de calamité sécheresse », explique Alain Priol, directeur départemental des Territoires de la Mayenne. « Nous avons fait un point de situation en amont de la demande de reconnaissance ». Ce point sera complété « à la fin de la période de récolte des fourrages ». Un bilan pourra alors être établi, « en partenariat avec la Chambre d’agriculture et des organismes comme Seenovia fin septembre ou début octobre ». Point qui prendra en compte « les éventuelles pertes de rendements en herbe et en maïs », ajoute le Ddt. Les maïs interviennent bien dans les calculs pour l’éligibilité à la calamité sécheresse, mais « ils ne sont pas indemnisables », souligne Alain Priol. Et si éligibilité il y a, la perte du produit brut global doit être supérieure à 13 % pour donner lieu à indemnisation.
Pour l’heure, le dossier est en cours de constitution. Il faudra donc patienter jusqu’à la fin des récoltes de maïs et d’herbe pour établir un bilan transmissible ou non au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

 

 

 

 

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