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« Les éleveurs sont demandeurs de paille »

La Fdsea de la Mayenne a lancé une « opération paille » à destination de ses adhérents pour les exploitations dans le besoin.

Stéphane Dalifard, trésorier de la Fdsea de la Mayenne
Stéphane Dalifard, trésorier de la Fdsea de la Mayenne
© AF

En 2011, la Fdsea de la Mayenne avait, pour la première fois réalisée une opération paille avec le département de l’Eure-et-Loir pour subvenir aux besoins des agriculteurs qui en manquaient, comme l’explique Stéphane Dalifard, trésorier de la Fdsea de la Mayenne : « en 2011, une quantité de paille impressionnante avait été stockée à Chartres et acheminée en Mayenne par des transporteurs. Ce fut notre première expérience d’achats groupés auprès de céréaliers ». En 2018, l’opération a redémarré, faute de stocks suffisants dans les élevages mayennais, les agriculteurs dans le besoin se sont tournés vers la Fdsea de la Mayenne.

En dépannage, c’est d’Espagne que la paille est venue, faisant gonfler la facture par le coût de transport : « en 2018, nous avons été obligés d’acheter de la paille venant d’Espagne car les quantités de paille chez nous comme dans les zones céréalières étaient limitées. Les prix ont atteint les 120 à 130 € la tonne livrée », explique Stéphane Dalifard.



Enquête de besoins
Suite à l’opération paille de 2018, la Fdsea de la Mayenne a lancé une enquête auprès de ses adhérents pour connaître leurs besoins éventuels en approvisionnement de paille afin d’anticiper la récolte 2019 et contractualiser un tonnage avec des fournisseurs de la zone céréalière : « après l’enquête, on a contractualisé dès le mois d’avril 2019 avec des fournisseurs, ce qui a permis de fournir 1 500 tonnes de paille aux agriculteurs mayennais qui en avaient fait la demande ». 70 adhérents ont pu bénéficier de paille pour l’année 2019.

Anticipation
Après l’hiver 2019 qui a rendu difficile les semis de blé, la Fdsea de la Mayenne s’est à nouveau positionnée pour une contractualisation de paille pour la récolte 2020. Cette année, pas moins de 3 500 tonnes de paille ont été réservées, auprès de trois fournisseurs : Dominov, Lesniak et Dourdan. Malgré cette contractualisation précoce, réalisée dès le mois d’avril, il manque 500 tonnes pour satisfaire les demandes tardives des agriculteurs en manque de paille. Stéphane Dalifard conseille donc « de bien anticiper pour une contractualisation avant la récolte de paille afin d’être sûr d’en avoir ». En Mayenne, les faibles rendements en paille, estimés à moins 2 à 3 tonnes de paille par hectare qu’en règle générale, font que la paille manque. En plaine céréalière, il manque également deux tonnes de rendement de paille par hectare, faisant grimper les prix pour la paille non contractualisée. Grâce à l’anticipation permise par l’opération paille, les adhérents de la Fdsea, plus de 80 pour cette année, ont bénéficié de tarif avantageux : « entre 95 et 98 € la tonne livrée dans la cour » , précise Stéphane Dalifard. Il ajoute : « quand ça commence à dépasser les 100 € la tonne, ça coûte très cher. Les éleveurs sont demandeurs tous les ans car les surfaces de blé en Mayenne ne suffisent pas aux besoins des agriculteurs ».

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