Agri53 10 octobre 2019 à 09h00 | Par Lena Guillaume

Les agriculteurs mayennais « en ont ras le bol »

Znt, agribashing, Ceta, Mercosur... : les agriculteurs mayennais n'en peuvent plus. Pour exprimer cet épuisement, la Fdsea et les JA du département ont organisé une manifestation mardi 8 octobre. Près de 200 professionnels se sont réunis à Laval, avec une soixantaine de tracteurs.

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L'opération escargot a emprunté l'A81 toute la matinée. (© AF) Quelques maires et élus du Département sont venus soutenir le mouvement. © VG Jérémy Trémeau et Jérôme Landais, respectivement président de JA 53 et président de la Fdsea 53. © VG Éleveurs et élus ont pû signer une pétition qui devait être remsie au préfet. © LG

Mardi 8 octobre, à 10 h 30, les responsables syndicaux de la Fdsea et des JA de la Mayenne étaient sur le pied de guerre. Et ce, malgré la pluie. Ensemble, ils ont réuni une soixantaine de tracteurs pour mener une opération escargot. L'objectif de cette manifestation, baptisée « France veux-tu encore de tes agriculteurs ? », était de dénoncer un agribashing ambiant, le dénigrement quotidien auquel doivent faire face les exploitants.

« On en a ras-le-bol ! », scande Jérémy Trémeau, président des JA, avant de prendre le départ de l'opération escargot. À coups de klaxon, les manifestants tentaient de se faire remarquer des automobilistes. « C'est tout ce qui nous reste pour nous exprimer », confie Mickaël Guilloux, responsable de la section porcine à la Fdsea 53. Pendant près de deux heures, le convoi, en partance du rond-point du Zoom, a emprunté une portion de l'A81 entre Laval et Vaiges avant de revenir à leur point de départ. Près de 200 personnes se sont réunies sur le rond-point, devant Lactalis, pour exprimer leur mécontentement. Parmi eux, quelques maires, invités par les syndicats, dont leur président Dilis Alain, et Olivier Richefou, président du Conseil départemental.

Acharnement perpétuel

Les agriculteurs se disent épuisés par un dénigrement systématique de leur travail. Les deux syndicats pointent notamment certains médias, politiques et associations. « Ma femme regarde les infos le matin. Elle voit tous les jours, dans les médias, des intervenants qui viennent pour critiquer notre travail. Ils n'imaginent pas le mal qu'ils nous font », se désole Mickaël Guilloux.

Depuis quelques années, les professionnels sont aussi victimes d'intrusions dans leurs exploitations. « Ces personnes stressent nos bêtes, prennent des images parfois mêmes de nos visages et les détournent pour faire croire qu'on maltraite nos animaux. On est des gens passionnés. Le bien-être animal est au coeur de notre métier. »

La Fdsea et les JA considèrent que le gouvernement n'est pas assez ferme envers ces personnes. « On attend quoi ? Qu'il se passe un drame pour agir. Quand le gouvernement défiscalise les dons faits à ces associations sous prétexte qu'elles sont d'utilité publique, c'est que le gouvernement fait de l'agribashing. »

Les zones de non-traitement

Pour Mickaël Guilloux, les zones de non-traitement (Znt) sont la goutte d'eau qui fait déborder le vase. « Aujourd'hui, les technologies évoluent. On a des outils beaucoup plus précis. Ils permettent de limiter les doses de traitement et les répartitions dans l'air. » Les agriculteurs rappellent, dans leurs discours, qu'ils sont formés et savent ce qu'ils font. « On n'est pas là pour embêter les Français, mais pour les nourrir », insiste Jérôme Landais, président de la Fdsea 53. Pour les syndicats ces ZNT doivent être de zéro mètre. Un point c'est tout !

« Nous, nous sommes présents. Nous ne choisissons pas nos voisins. Eux si. Quand ils veulent s'installer, ils peuvent venir nous voir pour connaître nos pratiques, et si elles ne leur conviennent pas, ils ne sont pas obligés de rester », renchérit Jérémy Trémeau.

Les accords internationaux

Enfin, les JA et la Fdsea protestent également contre les accords internationaux du Ceta et du Mercosur qui, pour Jérémy Trémeau, « tuent l'agriculture française ». Les deux syndicats dénoncent le double discours du gouvernement qui, d'un côté, demande aux producteurs français de monter en gamme, et de l'autre, autorise l'importation de viandes canadiennes aux réglementations bien différentes des nôtres. « On se demande si ce n'est pas une stratégie. Si on n'est pas en train de tuer notre agriculteur et d'un autre côté signer des accords internationaux pour que les Français aient encore à manger », indique le président des JA.

Cette journée de mobilisation s'est conclue sur une note plus joyeuse. Les manifestants ont pu se retrouver autour de café, pain, saucisses et rillettes pour partager un moment de convivialité.

A retrouver en vidéo sur Agri53TV, via YouTube : https://youtu.be/VYPlEVho2io

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