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« Le compte n'y est pas »

Jeudi 13 décembre, devant la préfecture de la Mayenne, la Fdsea et les JA menaient une action symbolique pour rappeler leurs revendications, notamment l'absence, dans la loi Alimentation, des indicateurs de coûts de production.

© Roxane de Witte

Même si nous sommes en contact avec les Gilets jaunes, ce n'est pas dans ce cadre que nous manifestons », explique d'emblée Philippe Jehan. « Nos revendications sont agricolo-agricoles. » Et là, comme le souligne le président de la Fdsea de la Mayenne : « le compte n'y est pas. Les États généraux de l'Alimentation nous laissent un goût d'inachevé, même si la mise en place des ordonnances est tout de même une victoire syndicale ». Pourtant, mercredi, Didier Guillaume a annoncé la mise en place des deux ordonnances : celles sur le seuil de revente à perte et l'autre sur l'encadrement des promotions. Ces ordonnances doivent imposer l'interdiction de la revente à perte et encadrer les promotions afin d'éviter le « un poulet acheté = le deuxième gratuit ». Les deux organisations syndicales, Fdsea et JA auraient souhaité que l'encadrement des promotions débute avant les fêtes de fin d'année, le ministre ayant indiqué le 1er janvier comme date initiale. Or, avec le « un acheté, un gratuit » qui s'applique en ce moment « aucune volaille ne partira des élevages en janvier », constate amèrement Philippe Jehan, producteur de volailles Label rouge. En d'autres termes, il est toujours difficile d'écouler une production le mois, voire les mois suivants, ce type de rabais, « les gens profitant des offres pour faire des réserves ». Cela dit, ces deux ordonnances devraient permettre un retour de la valeur ajoutée dans les exploitations. Mais il aura fallu du temps pour celles-ci soient enfin signées. « Lorsque Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, est venu en Mayenne, il nous a affirmé que les ordonnances seraient signées dans les jours à venir », rappelle Sylvain Rousselet, de JA 53.
Pour Stéphane Guioullier, de la section Environnement de la Fdsea 53, « avec les États généraux, on a dépensé beaucoup d'énergie pour arriver à retenir seulement deux petits points que sont l'encadrement des promotions et le seuil de revente à perte... Quant à la rémunération de notre travail, elle ne figure même pas dans la loi... » « La prise en compte des indicateurs de coûts de production est laissée aux interprofessions, reprend Philippe Jehan. Nous aurions souhaité qu'ils soient inscrits dans la loi. »

Intrusions

Autre point de contestation, « les intrusions illégales dans nos élevages ». Deux élevages, l'un à Villiers-Charlemagne, l'autre à Quelaines, ont été victimes d'intrus de l'association Direct Action Everywhere. D'autres ont été pointés du doigt par Greenpeace et qualifiés de « fermes-usines ». Depuis, Greenpeace s'est excusée, mais le mal est fait... « Cette situation est lourde et pesante pour nos agriculteurs et leur famille », souligne Stéphane Guioullier. « Nous attendons une réponse forte des pouvoirs publics sur ces questions afin que les agriculteurs se sentent protégés. Nous n'avons pas l'intention de mettre des portails au bout de nos chemins, mais nous voulons que notre sécurité soit assurée. » S'agissant des deux cas d'intrusion physique illégale, un des deux exploitants a porté plainte, « celui de Quelaines. Le second hésite encore... » La Fdsea et les JA ne comprenant pas pourquoi « les deux élevages ont été contrôlés vendredi dernier par les services de l'État », comme si Direct Action Everywhere était « un lanceur d'alerte officiel ». À signaler qu'une tentative d'intrusion dans l'abattoir de Craon a également eu lieu. « En vain, les personnes ont été priées de rapidement faire demi-tour », signale Stéphane Guioullier.

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