Agri53 03 octobre 2019 à 10h00 | Par Vincent Gross

Le budget Chambre amputé de 500 000 € ?

Si l’on s’en tient au projet de loi de finances 2020, la Chambre d’agriculture pourrait voir son budget réduit de près de 7 %. Une mauvaise nouvelle !

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Stéphane Guioullier, président de la Chambre d’agriculture, et Thierry Lanau, directeur.
Stéphane Guioullier, président de la Chambre d’agriculture, et Thierry Lanau, directeur. - © VG

L’évolution de l’impôt « Chambre » ou taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti (TATFNB) pourrait réduire de 500 000 € le budget de la Chambre d’agriculture de la Mayenne en 2020. C’est ce qui est proposé dans le projet de loi de finances 2020 (lire aussi page 32). La décision vient du ministère de l’Agriculture, qui, dans sa quête imposée de diminution du budget alloué à l’agriculture, a choisi « de rogner sur ses marges », via une baisse de 15 % de la TATFNB sur le plan national. Résultat : pour la Chambre de la Mayenne, dont le budget actuel s’élève à 7,2 millions d’euros, cela représenterait une baisse de 6,9 % ! « Pour l’instant, nous n’avons pas encore défini de plan d’action », indique Stéphane Guioullier, président de la Chambre d’agriculture de la Mayenne, lors de la conférence de presse suivant la session du 26 septembre. Nous sommes, depuis cet été, dans la phase de lobbying auprès de nos parlementaires. » Et si la Chambre est réputée pour « sa gestion saine et rigoureuse », le président admet qu’avec « 500 000 euros de recettes en moins, nous ne savons pas comment nous ferons ! » Pour lui, « il est hors de question de toucher aux ressources humaines. Nous sommes actuellement à une taille critique. Si on enlève un emploi à temps plein, on enlève des prestations, donc des recettes ». Ce que souhaite le président et son directeur : « faire en sorte que nos agents soient plus efficaces ». Et d’évoquer certaines manifestations qui pourraient être remises en cause. « Par exemple, les fermes ouvertes, qui sont un succès incontestable, mais qui mobilisent tous les agents de la Chambre pendant deux jours. » Pour autant, Stéphane Guioullier se veut rassurant : « ce n’est pas la fin des fermes ouvertes ! » Cette réduction budgétaire, si elle se confirme, arrive dans un contexte où « on nous demande d’accompagner la transition énergétique, mais pour cela, il nous faut des agents ». Rappelons que la Chambre est actuellement en cours de recrutement pour trois postes.

Stopper les intrusions

Le président Stéphane Guioullier a plaidé pour la rédaction de chartes de riverains, soulignant que « l’agriculteur a besoin de tous ses hectares pour travailler ». Pour lui, il est urgent de « stopper les intrusions, l’agribashing » et qu’on laisse enfin « les agriculteurs travailler en bonne intelligence. Nous, poursuit-il, nous souhaitons travailler le plus proprement possible. Là-dessus, il n’y a pas d’ambiguïté. » Et de citer les nitrates pour lesquels « l’amélioration voit le jour ». Ces chartes des riverains mettront ainsi « l’intelligence collective en avant », car, comme le souhaite le président Guioullier, « il faut que l’on réapprenne à vivre ensemble ».

Histoire d’eau

L’eau a été au cœur des travaux des élus de la Chambre d’agriculture (relire Agri53 de la semaine dernière), avec notamment des ateliers concernant la qualité et la quantité. « Il s’agit de déterminer les critères prioritaires pour la qualité de l’eau », explique Thierry Lanau, directeur de la Chambre. « Nous devons arriver à un bon état écologique à l’horizon 2027. » Reste à définir ce qu’est « un bon état écologique ». « S’il s’agit de libérer le passage des poissons dans les cours d’eau, ce n’est pas de notre ressort. Nous ne sommes pas gestionnaires des plans d’eau », rappelle Stéphane Guioullier. Sur la quantité, les élus Chambre s’interrogent sur les moyens à mettre en œuvre ou à accompagner pour stocker l’eau, irriguer… « Le rôle de la Chambre est de définir les enjeux et d’y répondre. » Mais aussi de « prioriser les usages. Doit-on arroser un golf, un hippodrome ou abreuver nos animaux ? » , lance Séphane Guioullier. L’enquête, commencée lors de cette session, pourrait donner des premières pistes de travail lors de la prochaine session, le 26 novembre.

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