Agri53 18 juin 2020 à 11h00 | Par Alexandra Foussard

« L’adhésion vient par la convivialité et le partage»

Angevin de naissance, c’est sa passion pour l’élevage qui a conduit Jérôme Prezelin à s’installer dans le nord Mayenne, à Saint-Mars-sur-Colmont.

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Le pâturage occupe une place importante au Gaec Hameau.
Le pâturage occupe une place importante au Gaec Hameau. - © A.F

Non issu du milieu agricole, Jérôme Prezelin s’est lancé dans les études agricoles, d’abord avec un Bep et un Bac agricole au Lpa de Château-Gontier, puis il a effectué un BTS Acse à l’Esa d’Angers. Pour réaliser ses douze semaines de stage, c’est à Saint-Mars-surColmont, au lieu-dit le Hameau qu’il a été accueilli. Exploitation sur laquelle il est aujourd’hui installé : «j’ai réalisé mes stages de 2003 à 2005. Ça a confirmé ma passion pour l’élevage et ça m’a motivé à venir m’installer dans le nord Mayenne. Mon associé était à l’époque installé avec ses parents. J’ai par la suite débuté mon stage de parrainage en 2007 pour une installation au 1er juillet 2008, en remplacement de ses parents et en reprenant une exploitation qui s’est libérée à 1 km du siège ».

Après son installation, Jérôme Prezelin s’est rapidement rapproché du syndicat Jeunes Agriculteurs de son canton : «vu que je n’étais pas du secteur, c’était un moyen de rencontrer des jeunes, du canton entre autres. En 2014, j’ai été responsable de l’organisation de Terre en Fête dans le canton de Gorron. Ça m’a conforté dans ma volonté d’être présent dans le syndicat. Adhérer c’est se retrouver, échanger, montrer notre métier. Quand j’étais aux JA, j’étais en soutien sur l’installation. Je participais ainsi aux formations 3P et à la présentation des produits laitiers dans les écoles. Cela permet une ouverture sur nos métiers d’agriculteurs ».

Tout juste retraité des Jeunes agriculteurs, Jérôme, qui aura 36 ans prochainement a endossé la casquette de président cantonal FDSEA de Gorron lors de l’élection de janvier 2020. «Après les JA je m’étais dit que j’allais souffler un peu et simplement rentrer dans le bureau cantonal. Mais Philippe (Jéhan; NDLR) ne voulait pas renouveler sa présidence, les autres anciens JA du canton m’ont soutenu, j’ai donc fait le pas pour prendre la présidence du canton ». Son but, dynamiser son canton, comme l’organisation de Terre en Fête en 2014 l’avait permis. Pour cela, les adhérents du canton sont en réflexion sur l’organisation d’une fête agricole, pour venir en remplacement du comice qui n’existe plus : « sur le principe de la fête de la moisson, mais pour les foins. Avec de la traction animale, des expositions de matériels et d’animaux, pourquoi pas de la démonstration de matériels en fonction de l’espace dont on pourra disposer. On souhaiterait trouver un terrain figé pour une organisation annuelle ». Si la période de confinement a un peu ralenti le projet, les agriculteurs espèrent bien le remettre en route rapidement.

Conscient de la pression sociale, Jérôme Prezelin est convaincu qu’il est important de partager et de communiquer sur le métier d’agriculteur : «les enjeux dans les années à venir seront en lien avec l’environnement. On sent de plus en plus de pression des urbains. Il faut montrer ce qu’on fait que l’on travaille dans le respect de l’environnement et des animaux. C’est très important de communiquer, d’être ouvert, de montrer nos façons de travailler». Il est même prêt à ouvrir sa ferme ou à aller échanger avec les consommateurs : «je suis quelqu’un d’assez sociable, je suis prêt à aller dans les écoles, dans les lieux publics pour faire connaître et reconnaître notre métier».

Adhérent dès son installation, Jérôme Prezelin est convaincu de l’intérêt que cela apporte : « on a une structure qui est solide, avec une bonne dynamique. En quelques années, beaucoup de choses se sont mises en place, comme Ecla 53 ou la Mayennette. La Fdsea et les JA cherchent toujours des solutions pour améliorer les conditions de travail et défendre les revenus des agriculteurs. Le groupement d’achats, avec le fioul, l’électricité, les bâches et ficelles y participent aussi. On sent qu’on a un soutien derrière nous et c’est aussi notre rôle d’apporter de nouvelles idées pour faire avancer les choses et ramener de la jeunesse dans la structure. Mon exploitation passera toujours avant et le temps qu’il me reste je l’accorde au syndicat. Cela permet aussi de s’aérer l’esprit et de voir ce qu’il se passe sur le département. L’adhésion vient par la convivialité et le partage ».

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