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Intrusions en élevage : insoutenable pour les éleveurs !

Des élevages de la Sarthe ont été ciblés par des antispécistes dans la nuit du 31 décembre. La profession, avec les services de l’État, s’organise pour lutter contre ce type d’actes inadmissibles.

Un des murs des silos a été tagué « 2020 abolition ».
Un des murs des silos a été tagué « 2020 abolition ».
© Etienne Fourmont

Les intrusions en élevage se cantonnaient jusqu’à maintenant aux départements limitrophes de la Sarthe. Mais dans la nuit du réveillon du Nouvel An, deux élevages sarthois ont été victimes d’intrusions et de vandalisme dont celui de Étienne Fourmont, éleveur laitier installé à Viré-en-Champagne et agri youtubeur bien connu (notamment avec le pseudo @agrikol sur Twitter et sur YouTube où il diffuse notamment des vidéos pédagogiques sur le métier d’éleveur). « Je m’attendais à ce que ça arrive un jour », explique le jeune éleveur très présent sur les réseaux sociaux. Ces antispécistes ou anti-élevages se sont également introduits illégalement dans un élevage de porcs de la même commune où ils ont réalisé une vidéo de leurs faits et détérioré des biens matériels.

« Ces personnages cagoulés n’ont pas hésité à s’introduire dans mon exploitation et taguer sur un mur de silo « 2020 abolition » comme pour revendiquer leur action. Même si je m’y attendais personnellement, c’est mon entourage, ma famille qui est le plus choquée. Est-ce qu’ils vont revenir ? Quand ? Et est-ce qu’ils vont passer à une autre étape de dégradation ? » s’interroge le père de famille. Malgré cela, Étienne reste dans la communication positive : « Cet acte illégal d’antispécistes radicalisés m’incite juste à continuer de montrer, d’expliquer mon formidable métier d’éleveur », confiait-il à AgraPresse, ou bien encore à Marie-Annick Carré, de Réussir, « l’important, c’est de continuer à communiquer sur notre métier ».

Un déferlement de soutiens

Depuis la publication du tweet d’Étienne Fourmont qui dénonce l’intrusion, l’agri youtubeur ne cesse de recevoir des soutiens des internautes, des agriculteurs qui sont sur les réseaux, mais également de personnalités comme celui de Christiane Lambert, présidente de la Fnsea. « J’ai été très agréablement surpris par le nombre de messages de soutien ce qui permet d’affronter sereinement la situation », ajoute l’éleveur. Il a d’ailleurs posté une vidéo de remerciement à tous les soutiens reçus.

Un Observatoire pour lutter contre l’agribashing

L’agribashing devient de plus en plus pesant pour la profession agricole. Les incivilités, les appels à la violence des différentes associations antispécistes ne cessent de se démultiplier depuis plusieurs mois. « En 2019, le ministère de l’Agriculture a recensé près de 15 000 faits soit une moyenne de deux chaque heure ! », remarque Denis Pineau, président de la Fdsea 72. Entre agressions verbales, parfois physiques, intrusions dans les élevages, vidéos postées sur les réseaux sociaux, la stigmatisation de l’agriculture pèse sur le moral des agriculteurs. « Face à cette recrudescence d’actes d’agribashing, la Fnsea et les JA ont signé, avant Noël, une convention de partenariat « Demeter » visant à renforcer la coopération entre notre réseau et la gendarmerie », indique Denis Pineau.

En Mayenne, un Observatoire de lutte contre l’agribashing a été mis en place avec les représentants des syndicats agricoles, la Chambre d’agriculture la préfecture, les services de l’État et les forces de l’ordre.. « En Sarthe, la gendarmerie intervient pendant les réunions de secteur de la Fdsea et des JA. L’objectif est d’apporter des conseils de prévention aux agriculteurs. Il est très clair que nous ne pourrons pas tout fermer ni clôturer nos exploitations ! », souligne le président de la Fdsea de la Sarthe, mais avec ces intrusions de début d’année, les syndicats mettent tout en œuvre pour accélérer ce partenariat entre le réseau syndical et les services de gendarmeries et ainsi faire en sorte de stopper ces actes de vandalisme.

Très prochainement, comme cela est le cas en Mayenne, « un Observatoire départemental contre l’agribashing sera créé pour répertorier l’ensemble des actes ». Concrètement, dans chaque département, les Fdsea et JA invitent les agriculteurs victimes d’agribashing à le signaler auprès de leur gendarmerie ou d’appeler leur syndicat pour ainsi alimenter la base « Demeter ».

D’autre part, les services syndicaux et juridiques des Fdsea restent disponibles pour accompagner les agriculteurs concernés.

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