Agri53 12 octobre 2020 à 09h00 | Par Vincent Gross

Goatober : l'interprofession reprend la main

Après les 3 premières années d'expérimentation du projet européen Food Heroes, permettant de trouver un débouché à la viande de chevreaux issus de chèvres laitières, l'interprofession reprend la main.

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Jérôme Lebreton, chef de L'Antiquaire, à Laval, en pleine préparation. (© VG) Trois restaurants gastroniques mayennais participent à l'opération. © VG-Agri53 Emmanuel Hardy et Vincent Bourdon, éleveurs de chèvres laitières. © VG-Agri53

Dans les quatre thématiques prioritaires du projet européen Food Heroes (2017-2020) figurait la "valorisation de la viande de chevreaux dans la filière laitière". En Mayenne, l'action s'est concentrée sur la production, la commercialisation et la consommation de ce type de chevreaux en octobre, se rapprochant ainsi de l'opération "Goatober" qui existe depuis 2011 aux USA et arrivée sur le sol européen en 2016, via la Grande-Bretagne. L'an dernier, et agri53.fr s'en était fait l'écho, le lycée agricole de Laval, avec Emmanuel Fournier, avait amorcé une première série d'indicateurs de croissance des chevreaux, afin de les préparer pour octobre. Des indicateurs jusque là inexistants. Cette année, la crise sanitaire a stoppé net ce qui aurait dû être la deuxième année d'expérimentation.

Pour autant, l'équipe "Goatober" de la Mayenne, pilotée par Nicolas Chomel de Laval Mayenne Technopole, et soutenue par la Chambre d'agriculture des Pays de la loire et Interbev Caprins Pays de la Loire, a tenu à communiquer sur la présence de ce type de viande dans deux boucheries lavalloises (Meignan et Carré), dans trois restaurants gastronomiques (L'Antiquaire à Laval, La Maison Marsollier à Bonchamp, La Marjolaine à Moulay), et dans les restaurants scolaires des lycées agricoles de Laval et de Château-Gontier. L'idée est simple : trouver (ou retrouver) des consommateurs. Un bien nécessaire pour les éleveurs. "Une chèvre laitière fait en moyenne 1,8 chevreau par an et environ 1/2 est un mâle", rappelle Emmanuel Hardy, producteur de lait de chèvres et de fromages à Laigné (1,2 million de chèvres laitières sont recensées en France dont 100 000 en Pays de la Loire). "Actuellement, les mâles partent avant 3 jours, à 2 EUR, ou 2,50 EUR pièce!" Un chiffre qui, parfois, peut même êtreinférieur. "Cette année, Agrial nous les a débarrassés pour 1 EUR pièce !", affirme Vincent Bourdon, éleveur à Pontmain pour la marque Soignon, appartenant à la coopérative. On comprend alors l'intérêt des éleveurs pour une réelle valorisation de ces jeunes mâles. "Même à 2,50 EUR, c'est sous-estimer la valeur initiale intrasec de notret ravail d'éleveur", inisiste Emmanuel Hardy.

En créant une nouvelle filière, celle de la commercialisation de chevreaux de 8 à 9 mois, une niche se créé. Et cette création passe par une communication auprès du grand public, débutée le 2 octobre et s'achevant samedi 17 octobre. Aussi, pour les consommateurs sachent comment cuisiner chez eux cette viande tendre, une série de recettes est disponible sur le site d'Interbev.

Petit bémol dans le dossier, le financement européen de Goatober arrive à sa fin. Le programme Food Heroes s'étalait de 2017 à 2020. Alors la section "caprine " d'Interbev Pays de la Loire reprend en main le dossier. Sa chargée de communication Alix de Puineuf a souligné la poursuite des actions de communication dès la saison prochain par l'interprofession.

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