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Elroc 53 : des abattages à la baisse pour 2019

Vendredi 24 mai, Elroc 53 tenait son assemblée générale à la Maison des agriculteurs. L’occasion de revenir sur les résultats précédents, mais aussi d’envisager l’avenir.

© Alexandra Foussard

« 2018 se caractérise par une activité assez forte, malgré la baisse du nombre d’éleveurs », commente Jean-Louis Petit, directeur d’Elroc, devant une quarantaine d’adhérents (éleveurs, transporteurs, abatteurs, administratifs, parlementaires). Une activité liée « à une décapitalisation en allaitante, marquée par une hausse de 20 % des abattages ». Autre fait notable : « un alourdissement des taurillons de race à viande, qui, en moyenne, ont pris 10 kg pour atteindre 458 kg, certains dépassant les 550 kg ! », précise Jean-Louis Petit.

Côté filières, « BFM voit ses volumes tirés par le haché ». L’AOP Main Anjou a vécu une année 2018 avec de meilleures perspectives que 2017 et 550 animaux abattus. FQRN (Filière de qualité race normande) « est toujours en évolution. Des éleveurs viennent, attirés par le prix de la Normande ». Et cette arrivée risque de se poursuivre, car, comme l’a annoncé Jean-Louis Petit, « la Normande, la Rouge des Prés et les croisés se sont plus dans Bœufs de nos Régions (BNR) depuis le mois de mars ». Une décision unilatérale de SVA qui a décidé de centrer BNR aux Charolais, Blonds d’Aquitaine et Limousin. « Malheureusement, il y a eu peu de dialogue avec SVA sur ce sujet », regrette Jean-Louis Petit. Par contre, le contrat JB avec SVA continue, toujours avec un prix de revient garanti.

Pour 2019, les abattages sont prévus à la baisse : -3 % par rapport à 2018. Ce serait lié à la baisse de la consommation de viande dans les pays développés et, surtout, aux écarts entre ce que l’on produit et ce que l’on consomme. Ainsi, en France on de consomme que 30 % des JB produits et 50 % des réformes. L’importation a encore de beaux jours devant elle… Même si, comme l’a rappelé Jean-Louis Petit, « à partir de 2022, les collectivités devront s’approvisionner à 50 % en signes officiels de qualité (SOQ : Label rouge, AB, AOC, AOP et IGP) ou HVE (pour haute valeur environnementale) – il s’agit de chiffre d’affaires, pas de volume » -, dont 20 % en bio.

Toujours côté consommation, la volonté d’Elroc est d’arriver à une segmentation du haché. Peu sensible à l’effet saison (barbecue ou plats hivernaux en sauce), il concerne désormais 57 % de l’animal et sa consommation ne cesse d’augmenter. « Il est passé de 25 % en 2014 à 31 % en 2017 », précise Jean-Louis Petit. Parallèlement, le piécé perdait 10 points sur la même période. Signe indicatif, le burger atteint désormais près de 48 % des menus de la restauration hors domicile, contre 34 % il y a 3 ans. « Nous devons donc arriver à segmenter ce marché du haché en proposant des gammes différentes », résume Yannick Vallée, président d'Elroc 53.

 

Du changement en vue

Cette année, Elroc 53 se doit de modifier ses statuts pour être en conformité avec la loi Egalim. Elroc devra donc choisir entre être une OP de mise en marché ou une OP de service. C’est plutôt la première solution vers laquelle on semble s’orienter. « Être une OP de mise en marché permet de négocier les prix, les primes et les volumes avec les abatteurs », explique le président d'Elroc 53, Yannick Vallée. Elroc peaufine actuellement les nouveaux statuts et convoquera une assemblée générale extraordinaire à l’automne pour statuer.

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