Agri53 24 octobre 2019 à 10h00 | Par Lena Guillaume

Des médecines alternatives pour soigner les bovins ? Ça existe !

« Les antibiotiques ce n’est pas automatique »… Et Aurélien Lambert nous le prouve. Depuis un an et demi cet agriculteur de Saint-Denis-de-Gastines, est passé à des méthodes plus naturelles. Il utilise désormais des huiles essentielles et de l’acupuncture pour soigner ses bovins.

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Aurélien Lambert soigne ses 60 vaches laitières grâce à l’acupuncture.
Aurélien Lambert soigne ses 60 vaches laitières grâce à l’acupuncture. - © LG

Aux Fougerolles, à Saint-Denis-de-Gastines, une ferme a décidé de ne pas faire comme tout le monde. Là-bas, les huiles essentielles et les aiguilles d’acupuncture ont presque remplacé les antibiotiques. Cette exploitation est celle d’Aurélien Lambert, installé depuis 2001 en Gaec avec son père.  L’éleveur de vaches laitières et de volailles utilise ces méthodes alternatives depuis un an et demi. « Avant, je vaccinais et piquais contre la toux chez les veaux, contre les mammites… Je trouvais que cela me revenait à très cher. » Le jeune agriculteur a souhaité agir différemment. Après des formations en aromathérapie, acupuncture et homéopathie avec la Chambre d’agriculture, il a sauté le pas. « Je me suis orienté vers un vétérinaire à Ernée, Julien Villeval qui commençait à proposer des huiles pour les éleveurs. Cela me permet d’avoir le suivi d’un professionnel. »

Des huiles pour les veaux
Aurélien Lambert utilise des huiles essentielles pour soigner ses veaux de la toux. « Le vétérinaire vient d’abord en début d’année pour repérer où sont les cases et voir quelles huiles pourront être nécessaires », indique l’éleveur. Ces produits agissent de manière préventive. « Lorsque les veaux com-mencent à tousser, mais n’ont pas de température, je leur donne du ravinsara, du laurier, du cyprès, qui sont là pour stimuler l’immunité. » Si la maladie persiste et que la tem-pérature monte, l’éleveur donne des huiles plus curatives comme du pin de Patagonia, du laurier noble ou du gingembre. « Le gingembre est, par exemple, utilisé pour les « coups de froid », donc lorsque les cases sont plus exposées au vent. » Pour que ce système soit efficace, il suffit de vaporiser une huile le matin et une le soir sur le nez de l’animal. « Pour les cases où je n’ai pas de cornadis, j’utilise du pulmofit, un mixte d’actifs végétaux. Je le mé-lange aux aliments, car l’odeur est très forte et pas très appétissante. » Aujourd’hui, l’éleveur n’utilise les an-tibiotiques que lorsque la maladie est résistante. « Si la température monte au-dessus de 39,5 ° C, je dois piquer pour éviter des répercussions trop importantes sur les animaux. »


L’acupuncture pour les laitières
Si les huiles essentielles sont parfois utilisées chez les vaches adultes, Au-rélien Lambert préfère avoir recours à l’acupuncture sur ses laitières. Cette méthode consiste à enfoncer des aiguilles dans la peau à des points bien précis. Pour l’appliquer, l’éleveur a suivi une formation avec Nayla Cherino, vétérinaire spécialisée dans l’acupuncture. Cette méthode fonctionne contre de nombreux maux. « Moi, j’utilise beaucoup le triangle de l’immunité qui se trouve dans le renfoncement au niveau des côtes. Il stimule le foie, la rate et les reins. » Chaque point peut permettre de lut-ter contre un problème. Par exemple, pour les mammites, il se trouve sur la cuisse, pour les boiteries au ni-veau du pied, et pour la douleur, au genou. Les vaches ne se laissent pas facilement impressionner par les aiguilles d’acupuncture. « Je fais ça au moment de la traite. Et je pense qu’elles aiment autant ça que de se faire piquer aux antibiotiques qui risquent d’engendrer des œdèmes. »

Des animaux plus résistants
Si finalement, en termes de comptabilité, ces méthodes ne coûtent pas moins cher, les animaux d’Aurélien Lambert sont plus résistants. « Avec la méthode allopathique, on a ten-dance à jouer au pompier. On inter-vient si l’animal est vraiment mal. Maintenant, j’agis plus tôt donc il y a moins de soucis au niveau de la croissance des bovins. » En règle générale, les maladies reviennent tous les ans. Mais à force d’utiliser trop d’antibiotiques, un risque d’immunodépression existe. « Plus tu es traité contre des mala-dies, plus tu chopes de tout. Avec les huiles, au lieu d’affaiblir l’animal, on le renforce. »
À titre d’exemple, alors qu’en moyenne le taux de guérison des mammites est de 45 %, Aurélien Lambert atteint les 65 %. « Mes vaches sont en meilleure santé et j’ai moins besoin de les abattre. » Seul inconvénient de ce système : cela demande beaucoup plus de temps. « Il faut être plus présent, plus vigilant. Il faut par exemple prendre la température des veaux au moins une fois par semaine. Donc, forcé-ment, c’est plus facile de piquer une fois par an, mais ce n’est pas bon pour l’animal. »

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