Agri53 14 novembre 2019 à 07h00 | Par Alexandra Foussard

Comment préserver son capital sol

Mercredi 6 novembre 2019, la Chambre d’agriculture de la Mayenne, la FD Cuma 53 et le Conseil départemental organisaient une journée thématique sur la préservation du sol et des ressources en eau, dans le cadre du programme Infiltr’eau 53.

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Conserver la valeur agronomique de ses sols et maîtriser la qualité des ressources en eau, tout un programme. Pour répondre aux questions des agriculteurs et des élus présents, quatre thématiques :
• les leviers d’actions pour limiter l’érosion des sols et les transferts vers les cours d’eau
• la préservation du capital du sol en adaptant le travail du sol et sa couverture
• les gains environnementaux, agronomiques et économiques liés à l’échange parcellaire
• l’intérêt des haies en lien avec l’érosion des sols, le carbone et les valorisations possibles

Le capital du sol

« En Mayenne, on est très jalousé puisqu’aujourd’hui la Mayenne est couverte par une carte des sols à une échelle extrêmement précise. Au niveau de la Chambre, nous valorisons cette carte, notamment auprès des jeunes installés, pour qu’ils puissent apprécier la qualité des sols. Elle est en accès libre sur geomayenne.fr » explique Sylvain Le Graët, de la Chambre d’agriculture de la Mayenne. L’érosion est favorisée par le climat, la pente, la couverture végétale, si elle est présente ou pas, les propriétés physico-chimiques des roches, les pratiques agricoles et les aménagements.Les haies notamment freinent l’érosion. La principale conséquence de l’érosion est la dispersion des sédiments : « on perd la partie qui compte, puisque ce sont des particules fines » explique Sylvain. C’est une perte de capital, d’éléments fertilisants et le risque de pollution des eaux souterraines et des cours d’eau. « L’érosion va être favorisée par des facteurs aggravants, lorsque l’eau n’arrive pas à s’infiltrer. Cela peut être dû à la présence d’un plancher imperméable, des problèmes de structures et de textures, l’infiltration sera alors très lente ou un travail excessif des sols qui fera disparaître les particules fines lors de pluies » ajoute-t-il.

Les leviers d’actions

« Plus le sol est couvert, moins il y a d’érosion », explique Bernard Layer de la Chambre d’agriculture de la Mayenne. Parmi les leviers d’actions possibles : « éviter les grands blocs de parcelles ayant un seul type de culture, travailler le sol et semer perpendiculairement à la pente, installer un couvert hivernal, aménager des zones tampons et effacer les traces de roues et les zones compactées favorables au ruissellement. L’implantation d’une prairie sous céréales peut aussi être un levier intéressant pour limiter l’érosion des sols et ainsi limiter le colmatage et la sédimentation des cours d’eau suite à l’érosion ». « L’intérêt de l’agriculteur et de la collectivité, c’est que la terre reste dans les champs » ajoute Alexis Robert du Conseil départemental de la Mayenne.

L’échange parcellaire

Christophe Monsimer de la Chambre d’agriculture, et Hervé Masserot, de la Fd Cuma 53, ont présenté l’intérêt des échanges parcellaires. Les échanges amiables de foncier permettent de regrouper des terres afin d’améliorer leurs exploitations. Les exploitants ou les propriétaires peuvent procéder à des échanges amiables même si aucun périmètre d’aménagement foncier n’a été arrêté.
Le regroupement parcellaire permet d’importantes économies pour l’exploitant, « les charges de déplacement sur des parcelles éloignées sont souvent diluées dans les frais de mécanisation et ne sont pas connus » précise Hervé Masserot. L’impact économique d’une parcelle éloignée touche le carburant, le matériel, mais aussi la main d’oeuvre. Un impact économique à analyser et à ne pas négliger. « La philosophie de l’échange à l’amiable c’est de faire des concessions sur certaines qualités de terre », explique Christophe Monsimer qui anime les groupes d’échanges parcellaires. Il ajoute : « quand on résonne le temps passé, l’échange parcellaire n’est pas négligeable ». Stéphane Guiouillier, président de la Chambre d’agriculture de la Mayenne, présent dans l’assistance, précise : « l’échange parcellaire, c’est un projet qui doit mûrir dans la tête des gens et que parfois des générations passent pour effacer les passifs ». Ce à quoi Christophe Monsimer ajoute : « il faut que les gens aient envie de s’engager, de travailler ensemble. Et il faut un moteur, un relais local pour faire avancer les choses ».

L’intérêt des haies

Les haies jouent un rôle important dans la régulation hydraulique et la qualité de l’eau. Elles contrôlent le ruissellement, limitent l’érosion et le déversement dans les cours d’eau. Cette fonction de protection est particulièrement remplie par les haies perpendiculaires à la pente. La Chambre d’agriculture de la Mayenne, avec Quentin Vieron, accompagne les projets d’implantation de haies, pour lesquelles le Conseil départemental propose des aides à l’implantation. La gestion des haies est également importante et le bois peut ainsi être utilisé pour le chauffage : « sans gestion durable, les haies vieillissent et régressent. La récolte du bois doit se faire sur les hauts-jets mûrs et dépérissants. Au bout de 15 ans, il faut effectuer une
régénération de la haie par taille de formation et élagages » expliquet-il.

Sur l’utilisation du bois, le maire de la commune de Saint-Georges Buttavent, Gérard Brodin, qui est également conseiller départemental a présenté la mise en place dans sa commune d’une chaudière fonctionnant au bois déchiqueté. Auparavant équipé d’une chaudière a fioul, « les investissements dans la chaudière à bois déchiqueté sont amortis par le prix nettement moins onéreux du bois déchiqueté en comparaison du fioul » explique-t-il. Pour continuer sur cette bonne lancée, il prévoit la construction d’un bâtiment de stockage afin de pouvoir exploiter les haies de sa commune et ainsi gagner en autonomie tout en entretenant le bocage.

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