Aller au contenu principal

Comment moduler sa production laitière ?

Face à la crise sanitaire liée au Covid-19, le Cniel et les laiteries invitent les éleveurs laitiers à diminuer leurs volumes de 2 à 5 %, ce en plein pic de production. Pour aider les volontaires dans cette démarche, l’Institut de l’Élevage a publié ses conseils pour moduler la production laitière en 4 points essentiels.

Le Cniel recommande aux éleveurs de réduire leur production laitière de 2 à 5 %. Pas facile en pleine période de pic printanier. L’Idele propose plusieurs pistes envisageables.
Le Cniel recommande aux éleveurs de réduire leur production laitière de 2 à 5 %. Pas facile en pleine période de pic printanier. L’Idele propose plusieurs pistes envisageables.
© VG-AGRI53

• Moduler par l’alimentation

Un des premiers leviers sur lequel il est possible d’agir est l’alimentation. L’Institut de l’Élevage (Idele) préconise de réduire les concentrés. Une solution réversible et efficace pour ralentir la production. En réduisant de 1 kg les concentrés, il possible d’économiser 0,8 kg de lait.
Il est également conseillé de favoriser les régimes à base de pâturage et de réduire la part de maïs ensilage dans les rations. « Pour les troupeaux qui sont retournés au pâturage, il convient de réduire plus fortement que d’habitude les apports de maïs ensilage à l’auge », affirme Benoît Rouillé du service Productions laitières à l’Idele, dans une vidéo visionnable sur le site de l’Idele. Lorsque les 50 % d’herbe pâturée dans la ration sont atteints, la suppression des correcteurs azotés est possible. Attention : bien que très efficace, cette solution « pose question sur la capacité des animaux à reprendre une production normale lorsqu’on les resollicite ».

• Avancer le tarissement
Avancer le tarissement (lire aussi les conseils de Seenovia, ci-dessous) permet de diminuer la production laitière significativement sans que cela pénalise les futures lactations. La période sèche est actuellement de 63 jours. Un allongement d’un mois peut être envisagé. « Par exemple : allonger la période sèche de 30 jours sur une vache qui produit 18 kg de lait par jour, c’est environ 540 litres de moins sur un mois, soit 2 700 litres de moins à livrer pour 5 vaches taries avec un mois d’avance », affirmer l’Idele. L’institut préconise de cibler les vaches qui ont au moins 6 mois de gestation et dont le niveau de production est supérieur à 20 kg de lait/jour.

• Supprimer la traite du dimanche soir ou passer à la monotraite

Supprimer la traite du dimanche soir est envisageable dans n’importante quel système alimentaire, mais son impact reste modéré : - 5 % de production.
Passer à une traite par jour est, en revanche, très efficace. « La baisse de production est en moyenne de 25 % », selon l’Idele. Cela permet également d’améliorer les performances de reproduction. Attention : réduire la fréquence de traite peut être « un facteur aggravant en matière de concentration cellulaire : il faut donc bien estimer la situation cellulaire du troupeau ». Par ailleurs, cette technique n’est envisageable que « sur des régimes peu engraissants et à très faible coût alimentaire : les vaches mangent autant, produisent moins, donc le coût alimentaire par litre s’accroît. La monotraite doit impérativement s’accompagner d’une suppression complète des concentrés de production et convient davantage à une ration à dominante de pâturage ». Une perte de lait inférieure à 1,5 kg de lait/jour lors du retour à deux traites subsiste, mais aucun effet ne persiste sur la lactation suivante.

• Distribuer le lait entier aux veaux

Distribuer le lait entier aux veaux est un levier qui joue sur les livraisons et non sur la production. Il ne perturbe pas les vaches. Cette technique peut être utilisée sur des veaux qui viennent de naître ou sur des veaux déjà « démarrés ». « Dans ce dernier cas, il sera nécessaire de réaliser une phase de transition entre les laits d’une semaine. » Il faut environ 350 à 400 litres de lait, hors colostrum, pour élever une femelle avec 9 semaines de buvée. Pour distribuer le lait entier, il faut être attentif à la température, aux volumes, aux mesures d’hygiène...

Plus de renseignements sur le site de l’Institut de l’Élevage.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri53.

Les plus lus

Sylvain Renaud, agriculteur et nouveau maire du Ham, gère une exploitation laitière avec son fils Kévin.
Le Ham. Sylvain Renaud, entre terres et maire

Sylvain Renaud, agriculteur depuis 38 ans dans l'exploitation familiale au Ham, est maire de la commune depuis les dernières…

Carla Martinotti est stagiaire à la Chambre d'agriculture de la Mayenne.
Carla Martinotti sur la piste des choucas des tours

En stage à la Chambre d'agriculture, Carla Martinotti a participé à l'élaboration d'un protocole destiné à estimer la…

Florent Renaudier
« Présenter le travail de l'expérimentation aux agriculteurs »

La Chambre d'agriculture organise une rencontre technique, jeudi 21 mai, sur la plateforme expérimentale de Saint-Fort,…

Fabrice Roth DDT Mayenne
Télédéclarations PAC : « Il y a un léger transfert de la bio vers les MAEC »

Alors que la télédéclaration PAC était ouverte jusqu'au 18 mai, Fabrice Roth, chef du service économie et agriculture durable…

Benoît Faucon Philippe Carteron Chambre d'agriculture de la Mayenne
Concours au Cima : « Suivre la ligne de conduite de la prévention des risques »

Philippe Carteron, directeur délégué de la Chambre d'agriculture de la Mayenne, rappelle le programme du Cima, et la…

Jean-Luc Ronceray ne peut que constater les dégâts. Dans sa parcelle de 30 hectares, les trois quarts des pieds de maïs sont morts, victimes de la mouche geomyza. Au premier plan, certains des rares pieds viables.
Photo en haut à droite :"La mouche a piqué, le ver a fait son effet, le cœur est mort."
En bas à droite, un pied viable, entouré de pieds attaqués par la mouche du semis.
La mouche du semis sans pitié, ses 30 hectares de maïs ravagés

Comme beaucoup d'agriculteurs du département, Jean-Luc Ronceray, céréalier à La Bigottière, n'a pu que dresser le constat…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 110 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Agri53
Consultez le journal Agri53 au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal Agri53