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Point de situation sur la FCO

Pauline COLLET GASTINEL
Le 16/10/2015 à 11:33 I Soyez le 1er à déposer un commentaire

La situation sanitaire semble stabilisée mais peut évoluer de façon imprévisible jusqu’à l’entrée en hiver

Au 12 octobre, la surveillance nationale a été réalisée à hauteur de 91%. 

Elle a permis de détecter 28 nouveaux cas de FCO de sérotype 8, ce qui porte à 56 le nombre de foyers en France continentale. 

Tous les nouveaux cas décelés par la surveillance nationale se trouvent dans le centre du territoire (cf. carte du 12/10 ci-contre). Il semble donc que le virus se cantonne à l’heure actuelle à cette partie de la France. 

Toutefois, compte tenu de la capacité de diffusion de la maladie via le transport des vecteurs par le vent et du risque lié aux mouvements d’animaux non vaccinés, le risque de diffusion de la maladie à l’ensemble du territoire est réel. 

Les signes cliniques sont extrêmement discrets à ce stade. Cette situation peut évoluer par la suite notamment à l’occasion des mises-bas et pour les petits ruminants, qui sont plus réceptifs à la maladie. 


Des vaccinations ciblées ont commencé depuis 2 semaines en zone réglementée 

La campagne de vaccination contre la FCO sérotype 8 a commencé. Cette campagne sera menée jusqu’au premier trimestre 2016 avec un volume limité de doses disponibles (2,2 millions de doses, à raison de 2 injections/bovin). 

A partir de février 2016, 4 millions de doses de vaccin Mérial seront disponibles (production et commande en cours). Les autres laboratoires seraient également en capacité de fournir cet hiver de 1 à 4 millions de doses supplémentaires en fonction de la rapidité de commande. 

Compte tenu du stock encore limité de vaccins, la profession a demandé de mettre la priorité sur les animaux destinés aux échanges/exports (485 000 bovins sur la même période en 2014). Théoriquement, le nombre est suffisant mais la principale difficulté réside dans l’identification des animaux effectivement destinés à ces marchés. 

Afin de répartir au mieux les doses de vaccins dans les exploitations, une distribution sur la base de la référence historique de l’éleveur (nombre d’animaux exportés en 2014) a été actée par la DGAl, répondant ainsi à la demande de la profession. 

Les animaux prioritaires à la vaccination sont :
- Les animaux des exploitations placées sous APDI (foyer)
- Les animaux (de 6 à 16 mois) destinés au marché extérieur
- Les animaux reproducteurs détenus dans des centres et stations 


La priorisation ne devrait pas être modifiée suite à l’évolution du zonage proposée par le CNOPSAV le 13 octobre dernier. Toutefois, les règles de vaccination au sein des prochains foyers (et des foyers n'ayant pas encore procédé à la vaccination) doivent encore être décidées. 

Une redistribution d’une partie des doses initialement attribuées aux départements indemnes a été demandée par la profession. Un stock suffisant sera toutefois conservé au cas où la zone réglementée s'étendrait dans les semaines à venir. 

Considérant la stratégie vaccinale à long terme, l’objectif d’éradiquer la maladie a été écarté. L'orientation proposée par le CNOPSAV est une vaccination facultative laissée au choix des éleveurs soit pour la protection de leur élevage soit pour les échanges/exports (vaccination vétérinaire). Une rencontre sera organisée entre les professionnels et les laboratoires pour estimer de façon précise les quantités nécessaires pour l’année 2016. La question de la responsabilité de la commande des vaccins pour répondre au besoin de garantie des laboratoires reste posée. 

Des avancées limitées des négociations bilatérales des certificats sanitaires 
La règlementation européenne impose plusieurs critères pour la commercialisation des animaux vifs qui se trouvent dans les zones règlementées : vaccination obligatoire, délai de 60 jours après la deuxième vaccination… Des négociations bilatérales ont déjà permis de faire évoluer les exigences de certains pays, mais les résultats obtenus sont limités. 

Espagne : un accord bilatéral a été signé et est en application depuis le 2 octobre. Il prévoit la réduction du délai à 10 jours après la 2ème injection ou la possibilité de commercialiser des animaux qui ont présenté un résultat négatif à une PCR après désinsectisation. 

Italie : les discussions sont toujours en cours au plus haut niveau car si le principe d’accepter des bovins vaccinés depuis plus de 10 jours semble acquis, le protocole de désinsectisation + PCR négative n’est pas encore accepté. 

Algérie : la rencontre entre la France et l’Algérie du 29 septembre dernier a permis d’acter la possibilité d’exporter des animaux qui ont présenté un résultat négatif à une PCR, après désinsectisation. Mais à l’heure actuelle l’Algérie n’accepte pas d’animaux vaccinés, les négociations se poursuivent. 

Turquie : les protocoles négociés avec la Turquie ne sont pas satisfaisants. Les négociations doivent se poursuivre. 

Commentaire : les premiers accords obtenus vont conduire à une reprise des départs d’animaux pour novembre. Or près de 100 000 animaux auraient déjà dû partir depuis la détection du premier cas. Un phénomène d’« embouteillage » est à craindre au moment du départ des premiers animaux vaccinés, qui continuera de pénaliser les échanges. 



   

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